69 % d'humidité à l'écran, déshumidistat sur OFF, 24 °C dehors : ce que cet affichage nous a permis de diagnostiquer
L'appel commençait comme des dizaines d'autres : « notre échangeur d'air ne fonctionne pas, la maison est humide ». La commande murale affichait pourtant un appareil en marche, en mode CONTINU, sans code d'erreur. Trois données côte à côte sur le même écran racontaient toute l'histoire : 69 % d'humidité relative, déshumidistat sur OFF, et 24 °C à l'extérieur.
L'appareil ne fonctionnait pas mal. Il faisait exactement ce pour quoi il est conçu, et ce n'était pas ce que les propriétaires attendaient de lui. Voici la lecture complète de cet écran, le diagnostic qui en découle, et l'installation du VENMAR AVS EKO 1.5 qui a suivi dans cette maison de Saint-Isidore.
Lire l'écran, élément par élément
Une commande murale Venmar de génération Altitude affiche cinq informations sur une seule page. Chacune veut dire quelque chose de précis.
Le mode CONTINU
L'appareil ventile en permanence à la vitesse programmée, sans cycle d'arrêt. C'est le régime de croisière recommandé dans une maison occupée, et c'est celui que nous laissons par défaut sur presque toutes nos mises en service.
L'alternative — un mode intermittent de 20 minutes par heure — convient à un chalet ou à une maison inoccupée en journée. Elle ne convient pas à une famille de quatre personnes.
La ligne du ventilateur
La deuxième ligne donne la vitesse d'échange en cours et permet de la modifier. C'est le seul réglage que la plupart des occupants touchent, et souvent le seul qu'on leur a expliqué.
La ligne d'humidité, et la mention OFF
La troisième ligne affiche l'humidité relative mesurée — ici 69 % — suivie de la mention OFF. Cette mention ne signifie pas que le capteur est débranché ni que l'appareil est arrêté. Elle indique que la fonction déshumidistat est inactive : l'appareil ne déclenchera pas de surventilation automatique en réaction au taux affiché.
Beaucoup de propriétaires lisent cette ligne comme un thermostat : ils voient un chiffre, ils supposent que l'appareil travaille à le faire baisser. Ce n'est pas ce que fait un déshumidistat, et surtout pas en été.
La température extérieure
Le coin supérieur droit affiche la température extérieure, ici 24 °C, mesurée par une sonde placée dans le flux d'air neuf. Cette valeur n'est pas décorative : c'est elle qui commande la mise en veille automatique du déshumidistat et le déclenchement des cycles de dégivrage en hiver.
Où se trouve réellement le capteur d'humidité
C'est le point que presque aucun article de ventilation n'aborde, et il change complètement la lecture d'un chiffre comme 69 %.
Sur ce type de commande, le capteur d'humidité est intégré au boîtier mural. Il mesure donc l'air d'un mur, à une hauteur donnée, dans une pièce donnée — pas la moyenne de la maison.
Les emplacements qui faussent la lecture
- Près d'une salle de bain : la commande enregistre chaque douche et affiche des pointes qui n'ont rien à voir avec l'état général de la maison.
- Près de la cuisine : mêmes pointes, à chaque casserole.
- Sur un mur extérieur non isolé ou mal isolé : la surface froide du mur abaisse localement la température de l'air et fait grimper l'humidité relative mesurée, parfois de 5 à 10 points.
- En plein soleil, ou au-dessus d'une plinthe électrique : l'effet inverse, l'air local est réchauffé et l'humidité relative affichée devient artificiellement basse.
- Dans une cage d'escalier ou près d'une porte de sous-sol : la commande lit l'air d'une zone qui n'a rien de représentatif.
Nos règles d'implantation : mur intérieur, à hauteur d'interrupteur standard, dans un corridor de circulation, à bonne distance d'une salle de bain, d'une cuisine, d'une source de chaleur et d'un ensoleillement direct.
Ce que 69 % veut dire, et ne veut pas dire
Un taux de 69 % en été, mesuré au rez-de-chaussée d'une maison de Montérégie, est élevé mais pas aberrant : l'air extérieur du mois de juillet contient beaucoup d'eau. Le même chiffre relevé en janvier serait une urgence.
C'est pourquoi la valeur d'humidité relative ne se lit jamais seule. Elle se lit toujours avec la température intérieure, la température extérieure et la saison. Un écran qui affiche les trois en même temps, comme celui-ci, rend le diagnostic possible en quelques secondes — encore faut-il savoir les relier.
Le piège de juillet : un échangeur d'air n'assèche pas une maison en été
Le point de rosée décide de tout
Un VRC échange l'air intérieur contre de l'air extérieur, en récupérant la chaleur au passage. Il ne retire pas d'eau de l'air.
En hiver, cela suffit : l'air extérieur froid contient très peu d'eau, donc chaque mètre cube introduit assèche la maison. C'est la raison pour laquelle un VRC règle si efficacement les fenêtres embuées de février.
En juillet, la logique s'inverse. Lorsque l'air extérieur est à 24 °C avec un point de rosée élevé, il contient davantage d'eau que l'air intérieur climatisé. Chaque mètre cube introduit ajoute de l'humidité. Ventiler davantage aggrave le problème au lieu de le régler.
Pourquoi le déshumidistat se met en veille
C'est exactement pour cette raison que la fonction déshumidistat passe en veille lorsque la température extérieure est douce. Sans cette protection, l'appareil réagirait au 69 % affiché en passant en haute vitesse, et injecterait de l'air extérieur humide dans la maison pendant des heures.
La mention OFF à l'écran, en plein été, n'est pas une panne. C'est une protection qui travaille.
Ce qui règle réellement le problème
Dans cette maison, le plan retenu comportait trois volets, dans cet ordre :
- Traiter les sources. Nous y revenons ci-dessous : c'est presque toujours là que se trouve le vrai gain.
- Déshumidifier réellement. Un déshumidificateur au sous-sol, ou la climatisation existante utilisée correctement — une thermopompe murale déshumidifie en refroidissant, à condition de ne pas être réglée en mode ventilateur seul.
- Ventiler au bon régime. Le VRC assure l'apport d'air neuf et l'évacuation des polluants toute l'année, et prend le relais sur l'humidité dès l'automne.
Les sources d'humidité qu'on trouve dans le secteur
Saint-Isidore est une municipalité largement agricole de la MRC de Roussillon, avec un parc résidentiel dispersé, beaucoup de maisons sur puits privé et fosse septique, et des sous-sols souvent en contact direct avec une nappe haute. Les sources d'humidité que nous relevons le plus souvent dans ce contexte :
- Un puisard ouvert, sans couvercle scellé, qui laisse s'évaporer en continu.
- Une dalle de sous-sol sans pare-vapeur, sur laquelle un tapis a été posé.
- Une sécheuse mal raccordée, dont le conduit fuit ou se termine dans le vide sanitaire.
- Un drain français inefficace et un nivellement qui ramène l'eau de pluie vers les fondations.
- Des gouttières qui déversent au pied du mur, sans rallonge.
- Un vide sanitaire en terre battue, non couvert.
Aucun échangeur d'air, quelle que soit sa marque, ne compense un puisard ouvert. Nous documentons ces points dans le rapport avant de parler d'équipement.
L'installation du VENMAR AVS EKO 1.5, et ce que nous ferions différemment ailleurs
L'appareil d'origine, un modèle d'entrée de gamme à moteurs PSC installé une quinzaine d'années plus tôt, arrivait en fin de vie : roulements bruyants, noyau jamais retiré, filtres colmatés.
Pourquoi le EKO 1.5
Les données de la fiche
- Modèle : EKO 1.5 HRV, numéro 43901
- Ports sur le dessus, collets ovales acceptant du 6 po rond
- Débits sélectionnables : quatre plages basse/haute, de 40–80 PCM jusqu'à 80–156 PCM, mesurées à 0,4 po c.e. (100 Pa)
- Efficacité sensible apparente (ASE) : 83 % à 0 °C en basse vitesse — la valeur la plus élevée de la gamme résidentielle courante de Venmar
- Consommation : 24 W à 49 PCM, 32 W à 81 PCM
- Dimensions : 24 9/16 po (H) x 23 9/16 po (L) x 14 15/16 po (P), 52 lb (23,6 kg)
- Homologué ENERGY STAR au Canada
- Garantie à vie limitée sur le noyau VRC, 5 ans sur les pièces
- Filtres de noyau lavables
Les moteurs ECM, et ce qu'ils changent sur une facture
Le EKO 1.5 utilise des moteurs à commutation électronique. Venmar annonce une économie électrique moyenne de 67 % par rapport à des moteurs PSC équivalents.
L'écart se lit directement dans les chiffres : 24 W à 49 PCM sur le EKO, contre 56 W en basse vitesse sur le Constructo 1.5V, qui partage pourtant la même architecture de cabinet mais avec deux moteurs PSC.
Sur un appareil qui tourne 24 heures sur 24, 365 jours par année, une trentaine de watts d'écart représente environ 260 kWh par an. Ce n'est pas spectaculaire à l'unité; c'est structurant sur quinze ans, et cela ne coûte rien en confort.
Le noyau interchangeable : la porte de sortie pour l'été
C'est l'argument qui a emporté la décision dans ce dossier. Le EKO est conçu pour être converti d'un récupérateur de chaleur (VRC) à un récupérateur d'énergie (VRE) par un simple remplacement du noyau, sans changer le cabinet, les conduits ni les commandes.
Un noyau VRE transfère l'humidité en plus de la chaleur. En été, il limite la quantité d'eau que l'air entrant apporte dans la maison; en hiver, il retient une partie de l'humidité intérieure au lieu de l'évacuer.
Deux précisions honnêtes accompagnent cette possibilité :
- Un VRE n'est pas un déshumidificateur. Il réduit l'apport d'humidité extérieure; il ne retire pas l'eau déjà présente dans la maison.
- Le noyau VRE de la gamme EKO affiche une ASE de 73 %, contre 83 % pour le noyau VRC. On échange une part de récupération thermique hivernale contre un meilleur comportement estival.
Nous avons installé le EKO en configuration VRC, avec la conversion documentée comme option à réévaluer après un été complet de mesures. Les propriétaires savent que la porte existe et ce qu'elle coûte.
L'installation et l'équilibrage
- Dépose de l'ancien appareil, inspection complète du réseau existant, remplacement de deux sections de conduit flexible affaissées.
- Suspension du EKO 1.5 aux solives, mise à niveau vérifiée dans les deux axes, dégagement frontal conservé pour le retrait du noyau.
- Raccordement sur les collets ovales, en 6 po rond, avec ruban d'aluminium sur chaque jonction.
- Reprise du drain de condensat avec siphon en boucle et pente continue vers le renvoi de plancher.
- Capots extérieurs remplacés, espacés correctement pour éviter la reprise d'air vicié dans l'admission, à bonne distance de la sortie de sécheuse.
- Équilibrage au manomètre, avec débitmètre correspondant au diamètre du conduit, jusqu'à un écart inférieur à 10 % entre alimentation et extraction.
Le EKO est explicitement conçu pour faciliter cette étape : la documentation du fabricant le mentionne parmi les caractéristiques du produit. Nous consignons les débits mesurés, la plage de vitesse retenue, la pression statique et la date au rapport de mise en service.
Les réglages laissés au client
- Mode CONTINU en régime de base, toute l'année.
- Déshumidistat réglé à 45 % pour la saison de chauffage, avec la mise en veille automatique en période douce laissée active.
- Bouton minuté près de la salle de bain pour la surventilation ponctuelle.
- Une consigne écrite : en juillet, un taux affiché de 60 à 65 % ne se corrige pas en augmentant la ventilation.
Les erreurs que nous corrigeons le plus souvent
- Lire le taux d'humidité sans lire la température extérieure. Les deux chiffres n'ont de sens qu'ensemble.
- Installer la commande murale près d'une salle de bain. Le capteur intégré devient inutilisable.
- Interpréter la mention OFF comme une panne. C'est une protection saisonnière.
- Augmenter la ventilation en été pour faire baisser l'humidité. Le résultat est l'inverse de celui recherché.
- Remplacer un appareil sans traiter le puisard, la dalle ou les gouttières. L'équipement neuf hérite du même problème.
- Choisir un VRE en pensant régler une humidité de sous-sol. Un VRE limite un apport; il n'assèche pas.
Subventions
Le programme Rénoclimat accorde 500 $ pour l'installation ou le remplacement d'un VRC ou d'un VRE. L'appareil doit figurer à la section 3 du répertoire des produits certifiés par le Home Ventilating Institute. Une évaluation énergétique avant travaux et une seconde après travaux sont obligatoires, et le récupérateur ne peut pas constituer la seule mesure : installé isolément, il peut faire augmenter la consommation du bâtiment et annuler l'aide.
Le programme LogisVert d'Hydro-Québec ne couvre pas les échangeurs d'air. Il vise notamment les thermopompes, les chauffe-eau et les travaux d'enveloppe.
L'entretien
- Filtres de noyau lavables : eau tiède savonneuse, tous les 3 mois, dans les deux flux.
- Noyau : retrait et rinçage annuel, à l'automne.
- Capots extérieurs : inspection printanière, retrait des peluches et des nids d'insectes.
- Drain et siphon : vérification deux fois par année.
- Capteur de la commande murale : dépoussiérage léger, sans produit, une fois l'an.
- Débits : nouvelle lecture au manomètre à chaque entretien professionnel.
Nos autres chantiers de ventilation dans la région
Ce projet s'ajoute à une série d'installations récentes dans la MRC de Roussillon et ailleurs sur la Rive-Sud : plusieurs remplacements de VRC dans l'agglomération de Longueuil, des chantiers de ventilation résidentielle dans Vaudreuil-Soulanges, un appareil encastré dans un soffite de tour à condos à Laval, un modèle latéral dans un logement supérieur sans sous-sol à Montréal-Nord, et des installations dans les Basses-Laurentides.
Parlons de votre projet
Chez AirGreen, nous concevons, installons, équilibrons et entretenons des systèmes de ventilation résidentiels et commerciaux à Saint-Isidore, à Mercier, Saint-Rémi, Sainte-Catherine, Delson et Saint-Constant, partout sur la Rive-Sud, à Longueuil, à Montréal, à Laval et sur la Rive-Nord. Nos équipes détiennent les licences RBQ requises et travaillent avec les gammes VENMAR, vänEE, Broan-NuTone, Lifebreath, Fantech et Greentek.
Si votre commande murale affiche un taux d'humidité qui ne descend pas, écrivez-nous à sales@airgreen.ca ou appelez le (514) 316-2973. Le diagnostic commence par une lecture d'écran et une inspection des sources — pas par un devis d'équipement.
