Deux appareils extérieurs sur la même maison, et aucun des deux ne sait que l'autre existe
Marieville n'est pas un village de rang. C'est une ville depuis 1905, née de la seigneurie de Monnoir concédée à Claude de Ramezay en 1708, devenue paroisse en 1832 et municipalité en 1858, réunie en 2000 avec la paroisse de Sainte-Marie-de-Monnoir, et qui comptait 11 332 personnes réparties sur 63,23 km² au recensement de 2021, à une trentaine de kilomètres à l'est de Montréal. Cela veut dire des quartiers de maisons de brique rapprochées, des entrées avant couvertes, des terrains où les emplacements techniques disponibles se comptent sur les doigts d'une main — et, de plus en plus souvent, des maisons qui possèdent déjà un appareil extérieur avant qu'on en installe un second.
C'est exactement le cas ici. La nouvelle unité extérieure de la thermopompe a été posée sur rails d'aluminium sur la dalle de béton de l'entrée couverte. Et de l'autre côté de cette même galerie, contre le mur du fond, il y en a déjà une autre.
Nous avons publié beaucoup de pages sur le condenseur du voisin. Celle-ci porte sur le vôtre — le deuxième.
Le problème que personne ne vérifie : deux appareils qui se respirent
Le mécanisme est établi et nous ne le réinventons pas : à Ahuntsic-Cartierville, nous avons documenté qu'un air soufflé rencontrant un obstacle rapproché revient à l'admission, que la capacité chute en climatisation, que les cycles de dégivrage se multiplient en chauffage, et surtout qu'aucune alarme ne le signale. À Oka, nous avons appliqué cela à deux appareils partageant un même volume — « ni l'une ni l'autre des machines ne sait que la seconde existe » — mais dans le cas du condenseur du voisin, de l'autre côté d'une clôture.
Le cas de Marieville est différent, et plus facile à régler, parce que les deux appareils appartiennent à la même personne :
- En climatisation, les deux rejettent de l'air chaud. Deux appareils qui se font face, ou qui soufflent dans un même recoin fermé sur trois côtés, se réchauffent mutuellement l'air d'admission. Les deux perdent de la capacité, le jour le plus chaud, exactement au moment où on le remarque.
- En chauffage, les deux rejettent de l'air plus froid que l'ambiant, chargé de l'humidité qu'ils viennent de retirer. L'appareil placé sous le vent de l'autre reçoit un air à la fois plus froid et plus humide — et l'humidité sur un échangeur déjà plus froid que l'ambiant, c'est du givre. Nous avons publié ce mécanisme pour Pointe-Claire à propos des évents voisins ; il s'applique intégralement d'un condenseur à l'autre.
- Nos pages de Saint-Simon ont traité le cas voisin d'un appareil de piscine, qui rejette du froid pendant qu'un condenseur en climatisation rejette du chaud : même conclusion, aucun code de défaut.
Ce que nous avons fait ici tient en une phrase, et c'est la règle que nous appliquons désormais chaque fois qu'un appareil existant est présent : on relève l'axe de soufflage de l'appareil déjà en place avant de choisir l'emplacement du nouveau, pas après. Les deux unités ont été orientées de façon à ce qu'aucune ne souffle vers l'admission de l'autre, avec le dégagement libre le plus grand possible entre les deux — ce qui, sur une entrée couverte, a coûté un mètre de trajet de cuivre et rien d'autre.
Deux systèmes, deux circuits, deux sectionneurs, deux dossiers
Le second sujet qu'une deuxième installation soulève est administratif, et il vaut mieux le régler le jour de la pose que trois hivers plus tard.
- L'électricité. Chaque système a son circuit dédié et son propre sectionneur. Pas de circuit partagé, pas de sectionneur partagé, et chaque disjoncteur identifié au panneau par le nom de l'appareil qu'il alimente — la distinction entre un disjoncteur, qui protège un circuit, et un sectionneur, qui isole un appareil, a été publiée en entier pour Rosemont–La Petite-Patrie. La raison est prosaïque : le jour où un technicien coupe l'alimentation pour intervenir sur l'un, il ne doit pas arrêter l'autre sans le savoir.
- L'entretien. Deux appareils, ce sont deux échangeurs à rincer, deux jeux de filtres, deux registres. Nous les mettons sur la même visite annuelle, dans le même dossier, pour que le propriétaire n'ait pas deux calendriers à tenir.
- La garantie. C'est le point que les clients ne voient jamais venir : deux appareils d'âges différents, souvent de marques différentes, ont deux garanties distinctes, deux dates d'enregistrement et deux interlocuteurs. Un défaut sur l'un ne dit rien sur l'autre. Nous inscrivons donc les deux appareils au dossier de remise, avec leurs numéros de série et leurs dates, y compris celui que nous n'avons pas installé.
- Le diagnostic. Un propriétaire qui a deux systèmes dit « la thermopompe ne chauffe plus ». La première question au téléphone est devenue : laquelle ? — question stupide en apparence, qui économise un déplacement une fois sur trois.
Et la décision de fond — deux systèmes séparés plutôt qu'un seul multizone — a été argumentée ailleurs et nous n'y revenons pas : Franklin en a publié la liste honnête des cas où deux systèmes valent mieux qu'un, Anjou l'a traitée comme une décision d'architecture plutôt que de capacité, et Vaudreuil-sur-le-Lac en a fait la comparaison complète. Le résumé utile : un seul compresseur pour toute la maison est un point de défaillance unique, et deux systèmes achètent une redondance que personne ne valorise avant la première panne.
L'appareil est à la porte d'entrée, et c'est le seul endroit que vous verrez tous les jours
Le second fait remarquable de ce chantier est l'emplacement lui-même. L'appareil n'est ni dans la cour arrière, ni dans un passage latéral, ni sous une galerie : il est sur l'entrée avant couverte, en façade, à quelques pas de la porte.
La séquence d'élimination qui mène là a été publiée pour le Plateau-Mont-Royal — cour arrière, ruelle, façade, balcon, toit, dans cet ordre — et Le Sud-Ouest a documenté le cas où il ne reste que l'arrière et rien d'autre. Les questions de réglementation municipale sur l'équipement mécanique visible depuis la rue relèvent du zonage local et ont été traitées à Huntingdon ; nous les vérifions au dossier et nous ne publions aucune norme ici. L'écran visuel, avec les quatre façons de le rater, appartient à Westmount.
Ce que cette page ajoute est ce qui change quand l'emplacement retenu est celui que tout le monde voit.
Ce que la façade change, concrètement
Candiac a publié l'inverse exact de cette situation : un appareil posé sur un pignon aveugle, que personne ne longe jamais, et dont la visite annuelle est la seule inspection qu'il recevra. À Marieville, c'est le contraire terme pour terme :
- Le trajet du visiteur. Toute personne qui sonne à cette porte passe à côté de l'appareil. Le dégagement de service n'est donc pas seulement un dégagement technique, c'est un passage. Nous l'avons mesuré comme un corridor, pas comme un espace de maintenance.
- L'air soufflé sur les gens qui attendent. L'unité souffle vers l'avant, vers l'ouverture de la galerie. Nous avons vérifié que l'axe ne traverse pas l'endroit où l'on se tient pour sonner — en été, c'est de l'air chaud dans le dos d'un visiteur ; en hiver, un courant froid sur un seuil. Dollard-des-Ormeaux a formulé le principe dans le cas d'une terrasse : l'air soufflé est un inconfort en soi, indépendamment du bruit.
- Le bruit à la porte. Ce modèle est donné à 58 dB(A) au régime haut. C'est modeste, mais un seuil d'entrée est un endroit où l'on parle. Le mode silencieux est activé à la mise en service — il est livré désactivé, comme nous l'avons signalé pour Dollard-des-Ormeaux — et la lecture complète des niveaux sonores et de leur atténuation appartient à Huntingdon.
- L'eau, et la glace. C'est le point non négociable. Une dalle de béton devant une porte reçoit le condensat d'été et l'eau de dégivrage d'hiver. Les Cèdres l'a écrit sans détour : l'eau de septembre est la glace d'octobre, et une terminaison de drain ne se fait jamais au-dessus d'une allée, d'une marche ou d'une entrée. Vaudreuil-sur-le-Lac a qualifié la glace au seuil pour ce qu'elle est — un risque de chute, pas un désagrément d'entretien — et Saint-Mathieu a publié la différence entre une face verticale, qui s'égoutte, et une dalle, qui retient. Les marques d'écoulement visibles sur le béton de cette photo sont précisément ce dont on parle : l'eau va quelque part, et si personne ne le décide, elle le décide toute seule. Ici, l'écoulement a été dirigé hors du seuil et hors de l'axe de déneigement.
- Le déneigement de l'entrée. L'entrée avant est pelletée tous les jours d'hiver. L'appareil ne doit être ni dans la trajectoire de la pelle, ni à l'endroit où la neige est poussée.
- Ce que la maison vaut. La valeur d'une thermopompe au moment d'une revente a été traitée à Montréal-Est — l'inspecteur fait un essai de fonctionnement, pas une inspection d'installation. Nous n'ajoutons qu'une observation : en façade, la qualité visible du travail devient un argument ou un reproche permanent. Un jeu de conduites aligné, une goulotte droite, des pénétrations scellées avec larmier et un boîtier propre ne sont pas de la coquetterie à cet endroit-là.
Le toit de la galerie au-dessus de l'appareil mérite une mention et une seule : les règles d'un plan horizontal au-dessus d'un appareil extérieur, l'eau qui traverse les planches, et le fait qu'un échangeur que la pluie ne rince jamais s'encrasse de façon strictement cumulative ont été publiés à Sainte-Christine, à Saint-Théodore-d'Acton et aux Cèdres. Nous n'y revenons pas.
L'appareil installé et les données qui portent la décision
Thermopompe murale 2 têtes GREE FreeMatch R32, unité extérieure GWHD(24)ND6MO, AHRI 214931587 en configuration non gainée, ENERGY STAR et certifiée climat froid.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Capacité nominale, froid et chaud | 24 000 BTU/h |
| Plage modulée | 7 500 – 31 400 BTU/h |
| SEER2 / HSPF2 / EER2 | 21 / 10 / 12 |
| COP nominal | 3,9 |
| Plage d'opération | −30 à 48 °C en froid, −30 à 24 °C en chaud |
| Niveau sonore extérieur, régime haut | 58 dB(A) |
| MCA / MOCP | 19,5 A / 25 A |
| Charge usine R32 | 1 700 g |
| Précharge / appoint | 30 m / 20 g par mètre au-delà |
| Longueur totale max. / dénivelé max. | 60 m / 15 m |
| Masse du boîtier extérieur | 51 kg |
| Garantie | 10 ans, 12 ans à l'enregistrement |
Répartition : 18 000 BTU/h dans l'aire ouverte du rez-de-chaussée et 12 000 BTU/h à l'étage, total 30 000 BTU/h, soit 125 % du nominal. Le dépassement de l'intérieur sur l'extérieur est normal en multizone et l'argument complet a été publié à Dorval ; l'essentiel tient au fait que le total reste sous le maximum modulé de 31 400 BTU/h et que les deux têtes n'appellent jamais leur pleine capacité en même temps.
Le choix du 24 000 plutôt que d'un boîtier plus gros est directement lié au sujet de cette page : 51 kg et 58 dB(A) à l'entrée avant, plutôt que 78 kg et 63 dB(A). Sur une façade, la masse et le bruit pèsent autant que la capacité — et le reste de la charge de la maison est déjà couvert par le second système.
Longueurs développées : 6 m et 13 m, soit 19 m, coudes et remontées compris — la longueur réelle du chemin, jamais la distance mesurée sur un plan. Le total reste sous la précharge de 30 m, donc aucun R32 ajouté, et la vérification de surface minimale de pièce A2L a été refaite sur la charge usine de 1 700 g. Dénivelé d'environ 3 m sur les 15 m permis.
Le cartable visible sur la photo n'est pas un oubli : c'est le dossier de remise, laissé sur place et passé en revue avec les propriétaires avant notre départ. Son contenu — relevés de mise en service, longueurs développées, charge finale, numéros de série pièce par pièce, enregistrement de garantie — a été documenté à Montréal-Est, à Villeray et à Très-Saint-Rédempteur. La seule chose que nous ajoutons ici, parce que la maison a deux systèmes : les deux y figurent, y compris celui que nous n'avons pas posé.
Erreurs à éviter quand il y a déjà un appareil extérieur
- Choisir l'emplacement du nouvel appareil sans relever l'axe de soufflage de l'ancien.
- Placer deux condenseurs face à face, ou dans un même recoin fermé sur trois côtés.
- Partager un circuit ou un sectionneur entre deux systèmes.
- Laisser les disjoncteurs non identifiés au panneau.
- Supposer que la garantie du nouvel appareil couvre l'ancien, ou l'inverse.
- Diriger l'écoulement d'eau vers un seuil, une marche ou une entrée déneigée quotidiennement.
- Traiter un dégagement de service en façade comme un espace technique plutôt que comme un passage.
- Laisser le mode silencieux désactivé sur un appareil installé à trois mètres d'une porte d'entrée.
Subventions
L'appareil est certifié ENERGY STAR climat froid, ce qui est la porte d'entrée des programmes en vigueur au Québec, notamment LogisVert et Rénoclimat. La présence d'un système existant peut modifier l'admissibilité selon le programme et selon ce que l'appareil déjà en place remplace ou complète : c'est précisément le genre de détail qui se vérifie au dossier, avec les numéros AHRI exacts, avant la commande. Les critères changent et les sources tierces se contredisent ; nous ne publions aucun montant.
Où nous intervenons
Chez AirGreen, nous réalisons l'installation CVAC et l'entretien CVAC de thermopompes murales, multizones et centrales à Montréal, Laval, Longueuil, sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud, incluant la MRC de Rouville — Marieville, Richelieu, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Sainte-Angèle-de-Monnoir, Saint-Césaire, Rougemont, Ange-Gardien, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Paul-d'Abbotsford. Ajouter un second système sur une maison qui en possède déjà un n'est pas la même opération qu'une première installation, et la différence se joue avant de percer le mur.
