Un logement sans sous-sol, un placard de trente pouces, et un hiver passé à essuyer les fenêtres
Les duplex et les triplex des années 1960 et 1970 qui bordent les rues de Montréal-Nord ont un point commun rarement mentionné dans les fiches d'inspection : le logement du haut n'a accès à aucun espace mécanique. Pas de sous-sol, pas de vide sanitaire accessible, pas de solives dégagées. Tout ce qui existe, c'est un placard de service au fond du corridor, partagé avec la laveuse, la sécheuse et l'aspirateur.
C'est exactement le contexte du chantier que nous décrivons ici. La propriétaire occupait le logement du haut de son duplex, à quelques rues du boulevard Henri-Bourassa, et louait celui du bas. Depuis le remplacement des fenêtres et l'ajout d'isolant dans le grenier, l'air du logement était devenu franchement lourd. En janvier, la condensation coulait sur les vitres jusqu'au bois des cadres. La salle de bain, sans fenêtre, mettait des heures à sécher. Et une odeur de cuisson s'installait dans le corridor pour la soirée complète.
La logique du bâtiment était limpide : la maison avait été rendue étanche, sans qu'aucun moyen d'évacuation mécanique ne soit ajouté. Chez AirGreen, nous avons répondu par l'installation d'un échangeur d'air FANTECH ATMO 150H, un VRC à raccords latéraux, fixé au mur du placard de service, avec un réseau de conduits flexibles isolés courant sous le plafond.
Pourquoi un appareil à raccords latéraux plutôt qu'un appareil à raccords sur le dessus
C'est la décision technique qui a rendu ce chantier possible, et elle mérite une explication.
La majorité des échangeurs d'air résidentiels vendus au Québec ont leurs quatre collets sur le dessus du boîtier. C'est pratique quand l'appareil est suspendu par chaînes sous des solives de sous-sol : les conduits montent, se répartissent entre les solives, tout se range en hauteur. Mais cette configuration exige de dix-huit à vingt-quatre pouces de dégagement libre au-dessus de l'appareil, uniquement pour les coudes.
Dans ce placard, la hauteur libre sous le plafond fini était de sept pieds et demi. Un appareil à collets supérieurs aurait dû descendre si bas que la porte du placard ne se serait plus refermée sur les conduits.
La série ATMO de FANTECH est conçue avec les quatre raccords sur les côtés du boîtier :
- deux collets à gauche, deux collets à droite, tous en rond de 6 pouces;
- l'appareil se fixe à plat contre le mur, les conduits partent horizontalement et rejoignent le plafond en douceur;
- le dégagement vertical nécessaire tombe à quelques pouces.
Sur la photo du chantier, on voit clairement les deux conduits de gauche, scellés au ruban d'aluminium rouge, et les deux boucles de conduit flexible isolé qui contournent l'appareil par la droite avant de filer sous le plafond. C'est la seule géométrie qui entrait dans ce placard.
Les caractéristiques du ATMO 150H
- Débit : 60 à 150 pi³/min à 0,4 po c.e. Nous avons visé environ 85 pi³/min en régime continu, ce qui correspond au besoin d'un logement de cinq pièces et demie occupé par deux adultes.
- Efficacité de récupération sensible : 74 % à 0 °C et 60 % à -25 °C, pour un rendement ajusté de 80 %. Autrement dit, en janvier, environ les trois quarts de la chaleur de l'air expulsé sont récupérés avant qu'il ne sorte du bâtiment.
- Consommation : 54 W en basse vitesse, 168 W en haute vitesse, courant maximal de 1,4 A. En marche continue à basse vitesse, on parle d'un appareil qui coûte moins cher à faire tourner qu'une ampoule incandescente d'autrefois.
- Dimensions : 21 7/16 po de hauteur × 23 7/8 po de largeur × 11 11/16 po de profondeur. Cette profondeur de moins de douze pouces compte autant que les deux autres mesures dans un corridor où l'on doit encore circuler avec un panier à linge.
- Poids : 42 lb, fixé au mur sur ancrages appropriés.
- Raccords : quatre, en rond de 6 pouces, 120 V monophasé.
Un dégivrage par arrêt du ventilateur, et pourquoi c'était le bon choix ici
Le ATMO 150H utilise le dégivrage par arrêt du ventilateur d'alimentation. Quand la température extérieure descend suffisamment, l'appareil interrompt brièvement l'entrée d'air neuf et laisse l'air intérieur, plus chaud, traverser le noyau pour le dégeler.
Ce mécanisme a mauvaise presse auprès de certains vendeurs, souvent parce qu'ils comparent des situations qui ne se comparent pas. Le fabricant lui-même le décrit comme un système de prévention du givre simple et robuste. Sa vraie limite est ailleurs : il ne convient pas à une intégration dans un appareil de traitement d'air central, parce que rien n'empêche mécaniquement le ventilateur central d'aspirer de l'air extérieur à travers l'appareil arrêté. Pour ce genre de raccordement, il faut un modèle à dégivrage par recirculation, muni d'un registre antirefoulement.
Ici, il n'y avait ni appareil central, ni conduit de retour, ni ventilateur tiers. Un réseau indépendant, un appareil indépendant. L'arrêt du ventilateur était non seulement acceptable : c'était le choix rationnel, moins coûteux, et sans compromis fonctionnel dans cette configuration.
Le déroulement du chantier dans un logement occupé
Composer avec le bruit, parce que l'appareil vit à trois mètres d'une chambre
Un VRC installé dans un sous-sol pardonne beaucoup de choses en matière d'acoustique. Un VRC installé dans un placard de corridor n'en pardonne aucune. Trois décisions ont été prises pour cette raison.
D'abord, l'appareil a été fixé au mur sur une plaque avec rondelles de caoutchouc plutôt que directement contre le gypse, pour couper la transmission des vibrations dans la cloison mitoyenne.
Ensuite, nous avons volontairement conservé du conduit flexible isolé sur les premiers pieds de chaque raccord plutôt que de partir immédiatement en acier galvanisé rigide. Le flexible atténue le bruit de ventilateur; le rigide le transmet comme un tuyau d'orgue. Ce choix coûte quelques points de pression statique, que nous compensons en tendant le flexible au maximum, en limitant sévèrement le nombre de courbes et en réservant les longueurs droites au rigide dès qu'on sort du placard.
Enfin, l'appareil a été réglé pour fonctionner en continu à basse vitesse, jamais en cycles de démarrage-arrêt. Un ventilateur qui tourne doucement sans interruption devient un bruit de fond auquel l'oreille cesse de prêter attention. Un ventilateur qui démarre à pleine vitesse quatre fois par heure réveille.
Le drain de condensat dans un logement sans drain de plancher
C'est le détail qui complique la moitié des installations d'échangeur d'air en étage. L'appareil produit du condensat, et il faut l'évacuer par gravité.
Le raccord de drain se trouve sous le boîtier. Nous avons monté un siphon en boucle immédiatement à la sortie — visible sur la photo du chantier — puis fait cheminer le tube en pente continue, fixé par attaches, jusqu'au tuyau de renvoi de la laveuse. Trois règles non négociables sur cette portion :
- Aucun point haut sur le parcours. Une seule remontée et l'eau reste prise, remplit le bac et déborde.
- Un siphon obligatoire. Sans lui, l'appareil aspire de l'air par le drain et ramène l'odeur du renvoi dans le logement.
- Un raccordement au renvoi, jamais dans le vide. Nous avons vu des drains de VRC se terminer au-dessus d'un plancher de bois franc, dans une chaudière que personne ne vidait.
Le circuit a été testé à l'eau, en présence de la propriétaire, avant la fermeture du placard.
Le réseau de conduits et les prises extérieures
Le réseau a été monté en quatre branches : deux vers l'extérieur — admission d'air neuf et rejet d'air vicié — et deux vers le logement. L'extraction capte l'air à la source, dans la salle de bain et près de la cuisine; l'alimentation livre l'air neuf du côté des chambres et du salon.
Les deux conduits extérieurs ont été isolés et pare-vapeurés sur toute leur longueur intérieure, sans exception. Un conduit d'air neuf non isolé qui traverse un logement chauffé se transforme en surface froide, et une surface froide dans un logement humide finit toujours par mouiller le gypse autour.
Les deux hottes murales ont été percées sur le mur latéral, écartées l'une de l'autre pour éviter que l'appareil ne réaspire ce qu'il vient d'expulser, et positionnées assez haut pour rester dégagées après une bonne bordée. En zone dense comme Montréal-Nord, nous vérifions aussi ce qui se trouve à proximité de l'admission : sortie de sécheuse du voisin, évent de plomberie, aire de stationnement. Une prise d'air neuf placée à côté d'un évent de renvoi ne fournit pas de l'air neuf.
L'équilibrage, mesuré et noté
La porte de l'appareil porte une table de correspondance entre la pression mesurée et le débit d'air. Nous branchons un manomètre sur les deux prises de pression, nous lisons, nous croisons avec la table, puis nous ajustons jusqu'à ce que l'alimentation et l'extraction se rejoignent à moins de dix pour cent d'écart.
Cette étape prend une heure. Elle décide de tout le reste. Un appareil qui extrait plus qu'il n'alimente met le logement en pression négative et tire l'air par les prises électriques, le pourtour des fenêtres et la cage d'escalier commune — dans un duplex, cela signifie aussi tirer l'air du logement voisin. Un appareil qui alimente plus qu'il n'extrait pousse l'air humide dans les murs. Les deux erreurs se corrigent avec un manomètre et un tournevis, et se paient cher quand personne ne les corrige.
Une journée de travail, deux techniciens, logement remis en ordre le soir même.
Les six points qui distinguent un échangeur d'air bien installé d'un appareil qui dort au plafond
- La commande est-elle accessible et comprise? Un appareil dont personne ne sait se servir finit invariablement en position « en attente ». Pour ce logement, nous avons retenu une commande simple, réglée pour tourner en continu, doublée d'une minuterie de salle de bain qui ramène l'appareil à pleine vitesse pour vingt, quarante ou soixante minutes. Dans un immeuble locatif, une commande préprogrammée de type « on la règle et on l'oublie » évite les appels de service inutiles.
- Le réseau est-il indépendant ou raccordé au central? Ces deux configurations n'appellent ni le même appareil ni le même type de dégivrage.
- Les conduits extérieurs sont-ils isolés jusqu'à l'appareil? C'est la première cause de dégâts d'eau attribués à tort à l'échangeur d'air lui-même.
- Le drain possède-t-il un siphon et une pente continue? À vérifier à l'œil, en dix secondes.
- L'appareil a-t-il été équilibré au manomètre? Demandez les valeurs de débit finales.
- Reste-t-il assez de dégagement pour sortir le noyau? Un appareil qu'on ne peut pas ouvrir ne sera jamais entretenu.
Admissibilité aux subventions
Le programme Rénoclimat du gouvernement du Québec prévoit une aide de 500 $ pour l'installation ou le remplacement d'un VRC ou d'un VRE, à deux conditions : que l'appareil figure au répertoire des produits certifiés par le Home Ventilating Institute (HVI), et qu'une évaluation énergétique soit réalisée avant puis après les travaux. L'évaluation initiale doit précéder le début du chantier, sans exception ni rattrapage possible. Les modalités des programmes provinciaux changent d'une année à l'autre, et nous recommandons de valider les conditions en vigueur avant d'arrêter une date de travaux.
L'entretien, expliqué à la propriétaire avant notre départ
- Aux trois mois : retirer les filtres, les rincer à l'eau tiède, les laisser sécher complètement avant de les replacer.
- Une fois par année : sortir le noyau, l'aspirer, le laver à l'eau savonneuse tiède, contrôler le siphon du drain.
- Deux fois par année : dégager les grillages des hottes extérieures, où s'accumulent peluches, feuilles et graines.
Un entretien CVAC fait à cette fréquence maintient le débit mesuré à la mise en service. Sans lui, un appareil peut perdre le tiers de sa capacité en trois hivers sans qu'aucun voyant ne s'allume.
AirGreen dans Montréal-Nord et dans le Grand Montréal
Nous intervenons dans Montréal-Nord, Ahuntsic-Cartierville, Saint-Léonard, Rivière-des-Prairies et l'ensemble de l'est de l'île, ainsi qu'à Montréal, Laval, Longueuil, sur la Rive-Nord et la Rive-Sud. Duplex, triplex, immeubles à logements, maisons unifamiliales : nous adaptons la configuration du réseau au bâtiment plutôt que l'inverse.
Si l'air de votre logement est lourd, si vos fenêtres coulent en hiver ou si votre immeuble locatif n'a jamais eu de ventilation mécanique, appelez-nous. Nous évaluons l'espace disponible, nous vous indiquons quel type d'appareil y entre réellement, et nous chiffrons le tout, réseau de conduits compris.
