Ventiler un logement chauffé à l'électricité, quand il n'existe aucun conduit sur lequel s'appuyer
Dans la majorité des maisons de banlieue, installer un échangeur d'air consiste à greffer un appareil sur un réseau de conduits déjà présent. Sur le Plateau-Mont-Royal, cette logique s'effondre. Les logements y sont chauffés par plinthes électriques, il n'y a ni fournaise, ni plénum, ni retour central. Le petit thermostat blanc affichant 22,0 °C sous la commande murale de cet appartement le confirme d'un coup d'œil : dans ce logement, aucun réseau d'air n'existait avant notre passage.
Chez AirGreen, nous avons conçu et installé un réseau entièrement dédié autour d'un FANTECH HERO 120H dans un 5½ du deuxième étage d'un plex de 1924, à quelques rues du parc Laurier. Voici le déroulement réel, les contraintes propres au bâti montréalais ancien, et les décisions qui font la différence entre un appareil qui ronronne et un appareil qui ventile vraiment.
Un 5½ de 1 050 pi² sans aucune sortie d'air
Le logement compte deux chambres, un salon double en enfilade, une cuisine à l'arrière, une salle de bain et un rangement attenant. Plafonds à 9 pi, murs de plâtre sur lattes, moulures d'origine, fenêtres remplacées il y a six ans. C'est justement ce remplacement qui a créé la situation : en resserrant l'enveloppe, les propriétaires ont supprimé les infiltrations parasites qui assuraient jusque-là un renouvellement d'air involontaire. Résultat, condensation abondante sur les cadres en janvier, odeurs de cuisson qui stagnent jusqu'au lendemain, et une chambre arrière nettement plus lourde au réveil.
Le calcul du besoin, établi pièce par pièce selon la logique de la norme CSA F326, donnait :
- Chambre principale : 10 L/s
- Deuxième chambre : 5 L/s
- Salon : 5 L/s
- Salle à manger : 5 L/s
- Cuisine : 5 L/s
- Salle de bain : 5 L/s
Total : 35 L/s, soit environ 74 PCM. Un chiffre modeste, mais qui doit être atteint de façon continue, pas en rafales.
Pourquoi le HERO 120H et pas un modèle plus gros
La tentation, dans un logement ancien, est de surdimensionner « pour être certain ». C'est une erreur coûteuse : un appareil trop grand tourne rarement, se dégivre plus souvent qu'il ne le devrait et déséquilibre le logement à chaque cycle.
Le HERO 120H correspondait précisément à la cible :
- Débit net de 133 PCM à 0,1 po d'eau, et 72 PCM à 0,8 po d'eau — une plage qui encadre confortablement le besoin de 74 PCM même avec un réseau chargé.
- Efficacité de récupération sensible ajustée de 80 % à 0 °C et 63 % à -25 °C. Dans un logement chauffé aux plinthes, chaque point d'efficacité se traduit directement sur la facture d'Hydro-Québec, sans intermédiaire.
- Raccords ronds de 5 po sur le dessus, avec joints caoutchoutés. Le diamètre réduit a permis de faire passer les branches dans une retombée de plafond de seulement 8 po de profondeur.
- Dégivrage interne par recirculation, actif sous -5 °C. L'appareil ne cesse jamais d'extraire l'air vicié pendant le dégivrage, ce qui évite de mettre le logement en pression pendant les vagues de froid.
- Noyau à contre-courant en plaques polymères thermoformées, lavable.
- 165 W à pleine capacité, 1,2 A, sur circuit 120 V dédié.
- 41,4 lb avec noyau, encombrement de 24 ¼ po de haut par 23 ¼ po de large et 11 ½ po de profondeur, avec 12 po de dégagement frontal requis pour sortir le noyau.
- Homologué HVI, qualifié ENERGY STAR (Canada), conforme UL 1812, CSA C22.2 no 113 et CSA F326.
- Filtres intérieurs électrostatiques lavables, avec filtration MERV 8 possible du côté alimentation. À noter : ce filtre réduit le débit net, il doit être prévu au calcul, pas ajouté après coup.
Le vrai chantier : faire circuler l'air dans un immeuble qui n'a jamais été conçu pour ça
C'est ici que se joue 80 % du travail sur un plex montréalais.
L'appareil. Nous l'avons suspendu dans le rangement attenant à la salle de bain, sur chaînes et amortisseurs antivibratiles ancrés dans les solives, à l'écart du mur mitoyen. Un appareil fixé directement sur un mur mitoyen dans un plex transmet ses vibrations chez le voisin, et c'est le genre de détail qui se règle mal après coup.
Le réseau d'alimentation. Trois branches isolées de 5 po vers les deux chambres et le salon, dissimulées dans une retombée de plafond construite le long du corridor. Nous avons volontairement suivi le tracé du corridor plutôt que de percer les solives des pièces principales, ce qui préserve les plafonds d'origine.
Le réseau d'extraction. Deux branches dédiées : salle de bain et cuisine. La grille de cuisine a été positionnée à plus de 3 m de la cuisinière — un échangeur d'air ne remplace jamais une hotte, et le graisse encrasse un noyau en quelques mois si la grille est mal placée.
Un silencieux de 4 pi installé sur le tronc d'alimentation, juste en sortie d'appareil. Dans un logement à aire ouverte avec plafonds hauts, la différence est immédiatement perceptible le soir.
Les capuchons extérieurs et la contrainte de façade
Sur le Plateau-Mont-Royal, la façade sur rue est encadrée par la réglementation d'urbanisme de l'arrondissement, et les percements d'appareillage mécanique y sont à éviter. Nous avons donc reporté les deux capuchons de 5 po sur le mur arrière, côté ruelle, avec :
- Une séparation de 1,8 m entre la prise d'air neuf et le rejet d'air vicié, mesurée et non estimée.
- Une hauteur de 60 cm au-dessus du niveau du balcon arrière, pour rester au-dessus de l'accumulation de neige.
- Un éloignement volontaire des sorties de sécheuse voisines et des stationnements de la ruelle.
- Des grillages à mailles larges, qui ne se colmatent pas au givre.
Le drain. Sans drain de plancher au deuxième étage, le condensat a été raccordé au tuyau de renvoi de la laveuse, avec siphon en boucle obligatoire. Un raccordement direct sans siphon laisse remonter les odeurs d'égout dans l'appareil, puis dans le logement.
La commande murale, l'alcôve et le thermostat : trois éléments qui interagissent
La commande FANTECH est installée dans une alcôve étroite du corridor, directement au-dessus du thermostat électronique de la plinthe électrique qui affiche 22,0 °C. Cette superposition n'est pas anodine.
Une alcôve est une poche d'air relativement stagnante. Deux appareils de mesure y cohabitent : le thermostat de chauffage, qui lit la température, et la commande de ventilation, qui lit l'humidité et la qualité de l'air. Chacun influence son environnement immédiat.
Notre approche sur ce chantier :
- Hauteur de pose à 1,45 m, soit un dégagement vertical franc au-dessus du thermostat, hors du panache d'air tiède qui monte le long du mur quand la plinthe est en demande.
- Validation croisée sur 48 heures avec un hygromètre étalonné placé au centre du corridor, hors de l'alcôve. Écart mesuré : moins de 2 % d'humidité relative.
- Consigne d'humidité de saison froide réglée bas, entre 20 % et 25 %. Dans un plex de brique avec fenêtres récentes et cadres anciens, viser 40 % en janvier garantit de la condensation aux jonctions.
L'écran qui s'éteint n'indique pas une défaillance
C'est l'appel de service que nous recevons le plus souvent après ce type d'installation. Sur la photo, la commande apparaît grise et éteinte : c'est simplement la mise en veille du rétroéclairage après une période d'inactivité. L'appareil continue de ventiler, de lire la qualité de l'air et de moduler sa vitesse. Une pression sur l'écran réactive l'affichage. Nous montrons systématiquement ce comportement aux clients avant de quitter les lieux.
Deux jours de chantier, et les chiffres à la sortie
Jour 1 — Construction de la retombée de plafond, passage des branches isolées, percements arrière, installation des capuchons.
Jour 2 — Suspension et raccordement de l'appareil, circuit dédié, drain et siphon, pose des grilles, programmation de la commande, équilibrage.
Mesures finales au balomètre, en vitesse maximale : 96 PCM à l'alimentation, 94 PCM à l'évacuation. En régime continu : 52 PCM. L'écart de 2 PCM entre les deux flux est ce qui garantit que le logement reste neutre en pression — un point critique dans un plex, où une dépressurisation tire l'air du logement voisin par les cloisons mitoyennes plutôt que de l'extérieur.
Le plâtrier est repassé la semaine suivante pour la finition de la retombée.
Ce qu'il faut éviter dans un plex montréalais
- Raccorder l'extraction à la hotte de cuisinière. Le noyau s'encrasse et l'efficacité s'effondre.
- Percer la façade sur rue sans vérifier la réglementation de l'arrondissement.
- Fixer l'appareil au mur mitoyen. Les vibrations traversent.
- Sauter l'étape de l'équilibrage. Sans mesure, l'installation reste une hypothèse.
- Installer les capuchons trop près l'un de l'autre ou trop bas par rapport à la neige de la ruelle.
- Négliger le siphon du drain de condensat.
- Choisir un appareil surdimensionné parce qu'il coûtait le même prix.
Rénoclimat : ce qui s'applique à un plex, et ce qui change par rapport à une maison
Le programme Rénoclimat accorde 500 $ pour l'installation ou le remplacement d'un ventilateur récupérateur de chaleur (VRC) ou d'énergie (VRE), à deux conditions : l'appareil doit figurer à la section 3 du répertoire des produits certifiés du Home Ventilating Institute (HVI) — le HERO 120H y est homologué — et l'aide est conditionnelle à l'amélioration de la cote ÉnerGuide entre les évaluations avant et après travaux.
Pour un plex, deux particularités méritent attention :
- Les duplex, triplex et immeubles résidentiels d'au plus 3 étages hors sol avec une superficie au sol maximale de 600 m² sont admissibles, mais lorsque les logements partagent des espaces permettant la circulation d'air, l'évaluation porte sur l'immeuble entier, pas sur un seul logement.
- En copropriété, l'inscription passe par le syndicat de copropriétaires, qui devient le destinataire de l'aide financière.
Il faut aussi savoir qu'un échangeur d'air installé seul augmente la consommation électrique du bâtiment. Réalisé isolément, le projet risque de ne pas satisfaire la condition d'amélioration de la cote. Nous conseillons de le jumeler à des travaux d'isolation ou d'étanchéité, et de faire réaliser l'évaluation initiale avant le premier coup de marteau.
Le calendrier d'entretien remis aux propriétaires
- Aux 3 mois : rinçage des filtres intérieurs lavables, séchage complet avant remise en place.
- Annuellement : retrait et rinçage du noyau, inspection du siphon.
- Deux fois l'an : vérification des grillages côté ruelle, où la poussière et les peluches de sécheuse voisines s'accumulent plus vite qu'on l'imagine.
- Aux 3 à 5 ans : nouvelle prise de débits à l'instrument.
Notre approche de la ventilation dans le bâti ancien de Montréal
Le Plateau-Mont-Royal, Rosemont, Villeray, Le Sud-Ouest et Hochelaga posent tous la même équation : des logements devenus étanches, aucun réseau d'air d'origine, des façades encadrées et des voisins immédiats. Nous y intervenons régulièrement, comme dans l'Ouest-de-l'Île où nous avons récemment remplacé des appareils de première génération, et partout ailleurs dans le Grand Montréal, à Laval, à Longueuil, sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud.
Ce que nous livrons systématiquement : un calcul de débits avant la soumission, un tracé de conduits dessiné avant l'ouverture des plafonds, et un rapport d'équilibrage mesuré remis à la fin. Une installation CVAC dans un immeuble centenaire se planifie sur papier avant de se faire à la scie.
Pour évaluer la ventilation de votre logement ou de votre immeuble, joignez notre équipe au (514) 316-2973 ou à sales@airgreen.ca. RBQ 5645-9605-01.
