Installation d'une thermopompe murale 2 têtes GREE FreeMatch R32 (GWHD(24)ND6MO) à Beaconsfield, dans le West Island de Montréal
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Installation d'une thermopompe murale 2 têtes GREE FreeMatch R32 (GWHD(24)ND6MO) à Beaconsfield, dans le West Island de Montréal

Sur un projet à deux têtes, le bon appareil n'est pas toujours le plus petit

Un projet à deux zones se vend presque toujours de la même façon : deux pièces, deux têtes, la plus petite unité extérieure de la gamme, et le prix le plus serré possible. C'est un raisonnement défendable, et il donne parfois le bon résultat. À Beaconsfield, nous avons recommandé le contraire, et il vaut la peine d'expliquer pourquoi en détail, parce que l'écart entre les deux options ne se voit sur aucune soumission.

La gamme GREE FreeMatch R32 comprend deux unités extérieures capables de desservir deux thermopompes murales : le GWHD(18)ND6MO, qui accepte exactement deux têtes, et le GWHD(24)ND6MO, qui en accepte deux à trois. Sur le papier, le premier suffisait largement à cette maison. Dans les faits, trois lignes du tableau du fabricant ont fait pencher la décision vers le second, et aucune des trois ne concerne la capacité.

Chez AirGreen, nous réalisons des installations CVAC à Montréal, à Laval, à Longueuil, sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud. Ce chantier du West Island est l'occasion de documenter une décision de sélection que nous prenons régulièrement et que nous n'avions encore jamais mise par écrit.

Le projet de Beaconsfield en bref

Beaconsfield occupe environ 10,64 km² sur la rive du lac Saint-Louis, dans l'ouest de l'île de Montréal. La ville compte un peu plus de 19 000 résidents, son secteur de Beaurepaire est le plus ancien — les premières concessions remontent à 1698 et la municipalité a été constituée en 1910 — et l'essentiel de son parc résidentiel s'est bâti entre la fin des années 1950 et les années 1960 : Kensington Gardens, Forest Garden, Drummond Park, Beacon Hill. Le terrain est plat, les rues sont bordées d'arbres matures, et la maison unifamiliale domine. Ce parc immobilier a une caractéristique commune très nette : il a été conçu pour le chauffage, jamais pour la climatisation.

La maison visée est une résidence unifamiliale de ce type, dont la cuisine arrière a été refaite. Chauffage électrique par plinthes, aucun réseau de conduits, aucun système central, un sous-sol fini peu utilisé. Les propriétaires ne cherchaient pas à convertir toute la maison : ils voulaient traiter deux endroits précis, la grande cuisine-salle à manger à l'arrière et la chambre principale à l'étage — en gardant ouverte la possibilité d'ajouter le sous-sol plus tard.

Configuration retenue :

  • Unité extérieure : GREE FreeMatch R32 GWHD(24)ND6MO
  • Tête 1 : murale de 12 000 BTU/h, cuisine-salle à manger arrière
  • Tête 2 : murale de 9 000 BTU/h, chambre principale à l'étage
  • Capacité intérieure installée : 21 000 BTU/h, soit 88 % de la capacité nominale de l'unité extérieure
  • Troisième port : libre, réservé au sous-sol
  • Codes AHRI : 214931587 (non gainé), 214931593 (gainé), 214931597 (mixte)
  • Longueurs développées : environ 9 m et 14 m, pour 23 m au total

Notons tout de suite le ratio : 88 %, une capacité intérieure installée inférieure à la capacité nominale de l'appareil. C'est inhabituel dans cette série, où les ratios se situent le plus souvent entre 100 et 130 %. C'est aussi la conséquence directe du choix de modèle, et non un défaut de dimensionnement.

Les trois lignes du tableau qui ont fait la décision

Le tableau ci-dessous met côte à côte les deux seules unités extérieures FreeMatch capables de desservir deux têtes.

Donnée GWHD(18)ND6MO GWHD(24)ND6MO
Unités intérieures raccordables 2 2 à 3
Climatisation nominale 5 275 W (18 000 BTU/h) 7 030 W (24 000 BTU/h)
Plage de modulation en climatisation 2 140 – 5 800 W (7 300 – 19 800 BTU/h) 2 200 – 9 200 W (7 500 – 31 400 BTU/h)
Chauffage nominal 5 275 W (18 000 BTU/h) 7 030 W (24 000 BTU/h)
Plage de modulation en chauffage 2 140 – 5 305 W (7 300 – 18 100 BTU/h) 2 200 – 9 200 W (7 500 – 31 400 BTU/h)
SEER2 / HSPF2 21 / 10 21 / 10
EER2 12,5 12
EER 3,52 W/W 3,80 W/W
COP 3,9 3,9
MCA / protection maximale 14,5 A / 20 A 19,5 A / 25 A
Charge de R32 900 g 1 700 g
Longueur préchargée 10 m (33 pi) 30 m (98 pi)
Longueur totale maximale 40 m (131 pi) 60 m (197 pi)
Dénivelé maximal 15 m (49 pi) 15 m (49 pi)
Niveau de pression sonore 54 dB(A) 58 dB(A)
Débit d'air 1 354 pi³/min 2 236 pi³/min
Compresseur 1 300 W / RLA 9,5 A 1 887 W / RLA 12 A
Poids net 35,5 kg 51 kg
Dimensions (L × H × P) 822 × 550 × 352 mm 964 × 660 × 402 mm

Le GWHD(18)ND6MO n'est pas un mauvais appareil. Nous venons de l'installer dans un jumelé d'Ahuntsic-Cartierville et dans une maison de Baie-D'Urfé, où il était chaque fois le bon choix, et nos articles sur ces deux chantiers expliquent pourquoi. Mais trois lignes de ce tableau ont joué contre lui à Beaconsfield.

Première ligne : deux, et jamais trois

Le GWHD(18)ND6MO accepte deux unités intérieures. Pas « deux à trois » : deux. Une fois la seconde tête raccordée, le système est complet à vie. Ajouter le sous-sol dans quatre ans signifie alors un deuxième système au complet — deuxième unité extérieure, deuxième circuit électrique, deuxième emplacement sur le terrain, deuxième contrat d'entretien CVAC.

Nous avions signalé la même contrainte à l'autre extrémité de la gamme, dans notre article de Sainte-Martine : sur un système à cinq têtes, l'occupation du cinquième port supprime définitivement l'argument du port libre, parce qu'aucun modèle FreeMatch n'en accepte six.

À Beaconsfield, le sous-sol fini était explicitement au programme des propriétaires, sans échéance. Le troisième port du GWHD(24)ND6MO transforme ce projet futur en une visite d'une journée plutôt qu'en un second chantier complet. C'est la première fois dans cette série qu'une capacité d'extension est réellement conservée plutôt qu'annoncée puis consommée.

Deuxième ligne : la réserve de chauffage

Le tableau du fabricant indique, pour le GWHD(18)ND6MO, une plage de chauffage modulée de 7 300 à 18 100 BTU/h pour une valeur nominale de 18 000. Autrement dit, une réserve au-dessus du nominal pratiquement inexistante — un cas isolé dans la gamme, que nous avons analysé en détail, tableau de comparaison à l'appui, dans notre article de Baie-D'Urfé. Nous y signalons aussi, en toute transparence, que cette ligne pourrait être une coquille de la documentation commerciale : nous n'avons pas de manuel d'installation pour la corroborer, et notre position est de la traiter comme exacte plutôt que de vendre une réserve qui n'apparaît nulle part.

Le GWHD(24)ND6MO, lui, module jusqu'à 31 400 BTU/h en chauffage pour une valeur nominale de 24 000 — environ 30 % de réserve mobilisable, du même ordre que les modèles supérieurs de la gamme.

En clair, à Beaconsfield : le passage du 18 000 au 24 000 BTU/h ne fait pas gagner 6 000 BTU/h de chauffage de pointe, il en fait gagner plus de 13 000. Dans une maison des années 1960 du West Island chauffée aux plinthes, où le point d'équilibre se joue en janvier et non en novembre, c'est cet écart-là qui compte — et il justifie à lui seul une bonne partie de la différence de prix.

Deux précisions honnêtes accompagnent cette section dans notre soumission :

  • Aucune plinthe électrique n'est retirée, quel que soit le modèle. Les plinthes ne sont pas un vestige, elles sont la réserve de pointe, et nous les réglons 2 à 3 °C sous les consignes des têtes pour qu'elles n'entrent en jeu que lorsque la thermopompe ne suffit plus.
  • Une plage de fonctionnement n'est pas une capacité. La fiche annonce un fonctionnement en chauffage jusqu'à -30 °C sans publier la moindre donnée de capacité à basse température. Nous l'avons écrit à Franklin et nous le répétons : la question à poser à tout entrepreneur est « quelle capacité à -20 °C, et où se situe mon point d'équilibre ».

Troisième ligne : les 30 mètres de précharge

Le GWHD(18)ND6MO quitte l'usine avec 900 g de R32, une quantité calculée pour 10 m de tuyauterie au total — pas dix mètres par tête, dix mètres pour l'ensemble du système. Au-delà, l'installateur ajoute du réfrigérant à raison de 20 g par mètre. Nous avons publié l'arithmétique complète de ce calcul, et ses conséquences sur l'exigence de surface minimale de pièce liée au réfrigérant A2L, dans notre article d'Ahuntsic-Cartierville, où le dépassement était inévitable.

Le GWHD(24)ND6MO est préchargé pour 30 m. À Beaconsfield, les deux tracés mesurés sur place totalisent 23 m. Autrement dit : aucun gramme de R32 n'a été ajouté au système.

Ce détail a trois retombées concrètes, et c'est celle du milieu qui nous intéresse le plus.

  1. Moins de manipulation, moins de risque d'écart. Une charge d'usine intacte est une charge exacte.
  2. L'exigence de surface minimale de pièce reste celle de la plaque signalétique. Le R32 est un réfrigérant légèrement inflammable, et les unités intérieures portent pour cette raison une plaque indiquant une hauteur minimale d'installation et une surface minimale de pièce — nous avions publié ces valeurs telles que lues sur une plaque dans notre article de Dundee, en précisant qu'elles dépendent du modèle et de la charge. C'est ce dernier mot qui compte : lorsqu'on ajoute du réfrigérant, on relève l'exigence, et la vérification de la plus petite pièce desservie doit être refaite après la mesure des tracés, pas au moment de la soumission. Ici, la charge n'ayant pas bougé, la vérification faite sur plan tient telle quelle.
  3. La marge est réelle. Avec 23 m développés sur un maximum de 60 m et environ 4 m de dénivelé sur un maximum de 15 m, un troisième tracé vers le sous-sol reste largement possible sans repenser l'installation.

Sur le petit modèle, ces mêmes 23 m auraient exigé 13 m de charge additionnelle, soit 260 g pesés sur une charge d'usine de 900 g — près de 29 % d'augmentation, et une révision obligatoire de la vérification A2L. Le calcul se serait fait, correctement, mais la souplesse du projet aurait disparu.

Ce que coûte réellement le modèle supérieur

Nous ne présentons jamais une montée en gamme sans en énoncer le prix technique. Le GWHD(24)ND6MO est plus cher à l'achat, et il coûte aussi quatre choses.

  • 4 dB(A) de plus : 58 dB(A) contre 54. Nous avons expliqué à Huntingdon comment lire un niveau sonore publié sans distance de mesure ; retenons qu'un écart de 4 dB s'entend, sans être du même ordre que les 9 dB qui séparent le petit modèle des gros. Sur un terrain de Beaconsfield, où les maisons ne sont pas collées, l'écart a été jugé acceptable après avoir localisé les fenêtres de chambre des voisins.
  • 15,5 kg et un gabarit plus large : 51 kg et 964 × 660 × 402 mm contre 35,5 kg et 822 × 550 × 352 mm. Le choix entre socle sur lit de pierre, pieux et support mural a été traité à Rigaud, et l'implantation au sol retenue ici ne posait aucune difficulté.
  • 5 A de protection maximale de plus : 25 A contre 20 A. Les unités intérieures étant alimentées par l'unité extérieure, un seul circuit dessert tout le système. Le calcul de charge selon le Code relève d'un maître électricien — nous avons détaillé cette logique à Saint-Édouard et à Napierville — et notre contribution reste la donnée du fabricant. Sur ce panneau, l'écart passait.
  • Un demi-point d'EER2 : 12 contre 12,5. À noter au passage, parce que la fiche commerciale invite à la confusion : EER2 et EER ne sont pas la même mesure et ne se comparent pas entre eux. Le 24 000 BTU/h affiche un EER2 inférieur mais un EER supérieur (3,80 contre 3,52 W/W). On compare un EER2 à un autre EER2, point.

Une remarque de lecture, enfin, qui vaut pour toute la gamme : la page couverture de la documentation FreeMatch annonce « longueur de conduits maximale : 100 m ». Ce chiffre appartient au seul GWHD(42)ND6MO. Sur l'appareil installé à Beaconsfield, la limite est de 60 m, et sur le plus petit modèle, de 40 m. C'est le même procédé que pour les indices d'efficacité, où l'EER2 de 12,5 affiché en couverture n'appartient qu'à deux modèles sur cinq. Les valeurs de couverture décrivent le sommet d'une gamme, jamais l'appareil qu'on vous installe.

Fiche technique de l'unité extérieure installée

Caractéristique Valeur
Modèle GREE FreeMatch R32 GWHD(24)ND6MO
Unités intérieures raccordables 2 à 3
Tension 208/230 V
Climatisation nominale 7 030 W (24 000 BTU/h)
Plage climatisation 2 200 – 9 200 W (7 500 – 31 400 BTU/h)
Chauffage nominal 7 030 W (24 000 BTU/h)
Plage chauffage 2 200 – 9 200 W (7 500 – 31 400 BTU/h)
Puissance absorbée (clim. / chauff.) 1 850 W / 1 800 W
SEER2 21
HSPF2 10
EER2 12
EER 3,80 W/W
COP 3,9
ENERGY STAR Oui
MCA / protection maximale 19,5 A / 25 A
Compresseur 1 887 W, RLA 12 A
Moteur de ventilateur 60 W
Débit d'air 2 236 pi³/min
Pression sonore (haute vitesse) 58 dB(A)
Réfrigérant R32, 1 700 g (60 oz)
Charge additionnelle 20 g/m (0,2 oz/pi)
Longueur préchargée 30 m (98 pi)
Longueur totale maximale 60 m (197 pi)
Dénivelé maximal 15 m (49 pi)
Diamètre liquide / gaz 1/4 po / 3/8 po
Plage de fonctionnement en chauffage -30 à 24 °C
Dimensions (L × H × P) 964 × 660 × 402 mm
Poids net 51 kg
Codes AHRI 214931587 / 214931593 / 214931597

Détecteur de fuite A2L intégré, technologie à onduleur G10, dégivrage intelligent, adaptation automatique de tension et autodiagnostic sont communs à toute la gamme.

Choisir les deux pièces, puis apprendre à vivre avec deux zones

Sur un système à cinq têtes, la question du découpage se résout presque toute seule : chaque pièce fermée reçoit sa tête. Sur un système à deux têtes, le découpage est le projet. Deux pièces sont traitées, toutes les autres ne le sont pas, et l'écart de confort entre les deux catégories devient visible dès la première canicule.

La cuisine arrière comme zone principale

La photographie du chantier montre la tête de 12 000 BTU/h installée haut sur le mur arrière de la cuisine, juste au-dessus du chambranle de la porte de jardin surmontée de son imposte vitrée. En dessous et à gauche, un comptoir avec une tablette ouverte, des boîtes à thé, un moulin et une cafetière ; à droite, la retombée de plafond ; au plafond, un encastré à quelques dizaines de centimètres de l'appareil.

Le choix de la cuisine plutôt que du salon mérite d'être expliqué, parce qu'il va à l'encontre du réflexe de traiter la plus grande pièce.

Dans une maison, la cuisine est la pièce dont les apports internes sont les plus élevés : four, plaque de cuisson, lave-vaisselle, réfrigérateur, petits appareils, et présence des occupants aux heures les plus chaudes de la journée. Sa charge de climatisation n'est pas proportionnelle à sa superficie. Nous avions fait la même démonstration en contexte commercial à Pointe-des-Cascades, où le comptoir avait reçu la même capacité que la salle à manger parce que les appareils réfrigérés s'y trouvaient. La version résidentielle est plus modeste mais obéit à la même logique : ici, la cuisine-salle à manger a reçu 12 000 BTU/h alors qu'un calcul au pied carré en aurait donné 9 000.

S'ajoute le facteur d'exposition : cette pièce ouvre sur la cour par une porte vitrée et une fenêtre, ce qui lui donne un apport solaire que le reste du rez-de-chaussée n'a pas.

Quant au ratio global de 88 %, il découle d'un raisonnement que nous assumons : la capacité de l'appareil n'a pas été choisie pour être « remplie » par les têtes. Un système dont la capacité intérieure installée reste sous la capacité nominale ne prive jamais une tête de sa puissance lorsque les deux appellent en même temps — et sur deux zones seulement, l'appel simultané n'est pas une hypothèse improbable, c'est le cas courant d'une soirée d'été. Nous avions retenu la même logique d'écart volontaire à Beauharnois, sur quatre têtes.

Une tête calée contre une retombée de plafond : les dégagements ne sont pas symétriques

Sur la photo, l'extrémité droite de l'appareil touche pratiquement la face verticale de la retombée de plafond. C'est le genre de détail qui fait tiquer un œil exercé, et il mérite une explication précise, parce que la règle réelle est plus fine que « il faut de l'espace autour ».

Les manuels d'installation des unités intérieures indiquent des dégagements par côté, et ces dégagements ne sont pas identiques à gauche et à droite. Le côté par lequel sortent les conduits frigorifiques, le drain de condensat et le câble d'interconnexion demande davantage d'espace : il faut y respecter le rayon de cintrage du cuivre sans écraser l'isolant, et y maintenir la pente du drain dès la sortie de l'appareil. L'autre côté ne sert qu'à la circulation d'air et au retrait des filtres intérieurs.

La conséquence pratique, que nous appliquons systématiquement : le côté que l'on colle est celui qui n'a pas les raccordements. Le sens de sortie du drain se décide donc avant de fixer la plaque de montage, jamais après — nous avions déjà signalé ce point à Les Coteaux, où c'est une fenêtre intérieure qui l'avait imposé. À Beaconsfield, la retombée se trouvant à droite, tous les raccordements ont été orientés à gauche, du côté où la surface de mur est dégagée.

Deux vérifications complètent la manœuvre, et elles se font au ruban avant le perçage, pas au jugé une fois l'appareil accroché :

  • Le dégagement au-dessus de l'appareil, qui conditionne la reprise d'air. Un appareil trop serré sous le plafond réaspire son propre air soufflé et se satisfait sur une fausse lecture de température de retour. Nous avons développé ce mécanisme à Verchères et à Saint-Polycarpe.
  • L'accès aux filtres avec l'appareil en place : le panneau doit pouvoir se lever et les filtres se retirer sans buter contre la retombée. Un filtre qu'on n'arrive pas à sortir est un filtre qui n'est pas nettoyé.

Ce qu'il y a dans une retombée de plafond de cuisine des années 1960

La retombée n'était pas seulement une contrainte : c'est aussi elle qui a permis d'éviter d'ouvrir un mur de cuisine fraîchement fini. Le tracé de la tête du rez-de-chaussée y passe.

Dans une maison du West Island de cette époque, une retombée de cuisine cache très souvent autre chose : une descente de plomberie, un ancien conduit d'évacuation de hotte, un câblage refait en plusieurs époques. Un détecteur de montants signale une masse, pas sa nature. Nous ouvrons donc une fenêtre d'inspection avant tout perçage — méthode détaillée dans notre article de Saint-Étienne-de-Beauharnois — et nous en profitons pour deux vérifications impossibles une fois l'ensemble refermé : la continuité de l'isolant sur les deux conduits frigorifiques, et la pente continue du drain sur toute sa course.

C'est également cette retombée qui rend crédible l'ajout futur du sous-sol : le tracé de la troisième tête empruntera le même passage, déjà repéré et documenté au dossier.

L'encastré au plafond : pourquoi celui-là ne dérange pas

Un luminaire au plafond à proximité immédiate d'une tête murale inquiète souvent, et à raison : nous avons documenté à Sainte-Martine comment une suspension, une poutre ou un ventilateur de plafond casse le jet d'air qui longe le plafond et le fait retomber trop tôt.

Un encastré est le cas inverse, et c'est une bonne nouvelle qu'il vaut la peine d'énoncer : il affleure la surface, il ne fait aucune saillie, il ne perturbe donc pas la veine d'air. La seule précaution le concernant est mécanique — repérer son boîtier et son câblage avant de percer, parce qu'ils occupent le vide de plafond exactement là où on veut passer.

Au-dessus d'une porte de jardin

Positionner une tête au-dessus d'une porte est une pratique courante et souvent la seule possible : c'est la seule bande de mur libre lorsque les fenêtres, les armoires et le dosseret occupent tout le reste. Nous avons traité la géométrie de cette situation à Varennes, à Verchères et à Havelock — linteau structural jamais percé, débattement du battant vérifié, dégagements respectés.

Ce qu'il faut ajouter en contexte de cuisine tient en une phrase : une porte de jardin s'ouvre beaucoup l'été, souvent en restant entrouverte, et chaque ouverture envoie une masse d'air extérieur le long du mur, jusqu'à la grille de reprise située sur le dessus de l'appareil. Le capteur de retour réagit alors à un évènement de trente secondes. En usage résidentiel, le phénomène reste marginal comparé à ce que nous avions observé sur une entrée commerciale à Pointe-Fortune, mais il justifie deux corrections simples à la mise en service : relever d'un cran la vitesse minimale du ventilateur sur cette zone, et décaler la tête latéralement par rapport à l'axe de la porte lorsque le mur le permet.

La cuisine est la pièce la plus exigeante pour un filtre intérieur

Une tête installée dans une cuisine reçoit des aérosols de cuisson. Ils traversent le filtre intérieur, se déposent en film sur les ailettes de l'évaporateur, retiennent la poussière et alimentent un biofilm dans le bac de condensat. Nous avons développé ce mécanisme à Saint-Stanislas-de-Kostka ; l'encrassement par les produits d'exploitation relève de l'entretien CVAC, jamais de la garantie.

Sur ce chantier, un élément précis appelle une vigilance supplémentaire, et il est visible sur la photo : la tête surplombe un plan de travail avec cafetière, moulin et bouilloire. La vapeur d'une machine à espresso et d'une bouilloire monte droit vers la grille de reprise, plusieurs fois par jour, toute l'année — un apport d'humidité et de fines particules qui ne figure dans aucun calcul et qui, lui, ne s'arrête jamais à la saison de cuisson intensive.

Notre calendrier pour cette maison :

  • Zone cuisine : rinçage du filtre toutes les 4 semaines en saison intensive.
  • Zone chambre : rinçage aux 8 à 12 semaines.
  • Hotte de cuisine évacuée vers l'extérieur et réellement utilisée. Une hotte à recirculation renvoie l'aérosol dans la pièce, donc dans l'appareil.
  • Nettoyage en profondeur de l'échangeur et de la turbine par un technicien sur un cycle plus court que la moyenne résidentielle.
  • Et une interdiction ferme : ne jamais vaporiser de nettoyant domestique dans les ailettes. Cela attaque l'aluminium, laisse un résidu que l'appareil rediffuse ensuite dans la pièce, et les ailettes se plient au moindre contact.

Un seul mode pour deux zones : la contrainte devient une chance sur deux

Comme tout système multizone à un seul circuit frigorifique, le FreeMatch ne fait pas de chauffage et de la climatisation en même temps. Toutes les têtes partagent un mode. Nous avons expliqué le mécanisme en détail dans notre premier article de la série, à Saint-Denis-sur-Richelieu.

Ce qui change à deux zones, c'est l'ampleur de la conséquence. Sur cinq zones, un conflit de mode touche une pièce sur cinq. Sur deux zones, il touche la moitié de votre installation. C'est la nuance que nous tenons à exposer avant la signature plutôt qu'à la mise en service.

Nous avons publié à Baie-D'Urfé la méthode complète de sélection des deux pièces — heures d'occupation éveillée, comportement saisonnier, position dans le volume, usage réel des portes, accessibilité d'entretien. Ce qui s'y ajoute ici est une règle de compatibilité que nous appliquons désormais à tout projet bizone : les deux zones doivent avoir des besoins saisonniers de même sens. Une cuisine arrière et une chambre à l'étage se ressemblent beaucoup de ce point de vue — les deux surchauffent l'été, les deux appellent du chauffage l'hiver. Deux pièces d'exposition opposée, par exemple un bureau plein sud avec poste de travail et une chambre au nord, auraient produit un arbitrage permanent d'octobre à novembre. Dans ce cas de figure, deux appareils muraux indépendants sont un meilleur choix qu'un bizone, même s'ils coûtent davantage à installer et occupent deux emplacements extérieurs. Nous avons dressé la liste complète des situations où deux systèmes séparés l'emportent sur un multizone dans notre article de Franklin.

La même règle s'applique au futur sous-sol : un sous-sol fini appelle du chauffage dans le même sens que le reste de la maison, ce qui en fait une troisième zone compatible. Un atelier vitré plein sud ne l'aurait pas été.

Les cycles courts, pour une fois, ne sont pas la contrainte principale

Dans presque tous les articles de cette série, nous avons dû signaler le même inconvénient : le plancher de modulation est une propriété du système, pas de la tête. Sur le GWHD(42)ND6MO, ce plancher se situe à 8 870 BTU/h, ce qui dépasse la capacité d'une tête de 6 000 BTU/h prise isolément — une petite pièce appelant seule fonctionne alors par cycles courts.

Sur le GWHD(24)ND6MO, le plancher est de 7 500 BTU/h, sous la capacité de chacune des deux têtes installées. La chambre de 9 000 BTU/h qui appelle seule à trois heures du matin reste donc au-dessus du plancher, et le compresseur peut la suivre en modulation continue au lieu de démarrer et de s'arrêter. Le mécanisme complet des cycles courts et de la déshumidification est développé dans nos articles de Saint-Chrysostome et de Saint-Édouard.

Point de vigilance pour la suite, en revanche : si le sous-sol reçoit une petite tête de 6 000 BTU/h et qu'il appelle seul en demi-saison, il se retrouvera sous le plancher. La solution, déjà éprouvée sur nos chantiers de Saint-Urbain-Premier et de Très-Saint-Rédempteur, consiste à faire fonctionner deux zones ensemble à consigne modérée plutôt qu'une seule à fond. C'est une instruction d'exploitation, pas une correction technique, et elle sera écrite sur la fiche remise aux propriétaires le jour où la troisième tête sera posée.

Erreurs à éviter sur un projet à deux têtes

  1. Choisir l'unité extérieure sur la seule capacité. À deux zones, la capacité est rarement le paramètre limitant ; le nombre de ports, la précharge et la réserve de chauffage le sont.
  2. Négliger la question du troisième port. Elle se pose avant la signature, pas au moment où le sous-sol est fini.
  3. Choisir le modèle avant d'avoir arrêté l'emplacement extérieur. Sur un appareil préchargé pour 10 m, le tracé n'est pas un détail d'exécution, c'est un paramètre de conception.
  4. Estimer la charge additionnelle au lieu de la peser, lorsqu'il y en a une.
  5. Vérifier la surface minimale de pièce au moment de la soumission. Elle se vérifie une fois la charge finale connue, contre la plaque de l'appareil livré.
  6. Retirer les plinthes électriques. Sur les petits modèles, la réserve de chauffage au-dessus du nominal est faible, voire nulle.
  7. Lire les chiffres de la page couverture comme s'ils étaient ceux de votre appareil. 100 m de conduits et 12,5 d'EER2 n'appartiennent pas au même modèle.
  8. Choisir deux zones d'exposition opposée sur un système qui n'a qu'un seul mode.
  9. Coller le côté des raccordements contre un obstacle parce que c'est esthétiquement plus discret.
  10. Traiter la cuisine comme une pièce ordinaire au calendrier d'entretien.
  11. Faire installer par un entrepreneur sans licence RBQ. Cela complique à la fois la garantie du fabricant et tout dossier d'assurance ultérieur.

Entretien CVAC : ce qui change quand il n'y a que deux têtes

Moins de têtes, c'est moins de filtres, moins de bacs et moins de drains — mais ce n'est pas moins d'entretien par appareil. Le programme retenu à Beaconsfield :

  • Rinçage des filtres intérieurs selon le calendrier différencié décrit plus haut.
  • Nettoyage annuel de l'échangeur extérieur. Beaconsfield est une ville aux arbres matures, et un serpentin qui s'encrasse ne déclenche aucun code d'erreur : la capacité se perd sans avertissement. Les nuisances propres aux appareils installés sous les arbres sont détaillées dans notre article de Rigaud.
  • Vérification annuelle des deux bacs et des deux drains, y compris le point de rejet extérieur.
  • Faire fonctionner les deux têtes dans les deux modes une trentaine de minutes chaque mois, y compris hors saison. Une zone à l'arrêt garde une vanne de détente inactive et un bac qui sèche puis se remplit de poussière.
  • Consignation au dossier des numéros de série de chaque unité intérieure avec la pièce correspondante, des longueurs mesurées, de la charge d'usine intacte et des relevés de mise en service — sans oublier le tracé repéré pour la troisième tête.

Subventions et documentation

Une thermopompe murale efficace installée dans une résidence peut ouvrir droit à des programmes d'aide résidentiels, notamment du côté d'Hydro-Québec et de Rénoclimat. Les critères, les seuils d'efficacité et les modalités changent régulièrement : nous validons l'admissibilité au moment de l'ouverture du dossier, sans annoncer de montant à l'avance.

Un point administratif que peu d'entrepreneurs expliquent : les indices SEER2, HSPF2 et EER2 certifient une combinaison d'unité extérieure et d'unités intérieures dans une configuration donnée, ce qui explique les trois séries de codes AHRI publiées pour chaque modèle — non gainé, gainé, mixte. Le code déclaré au dossier doit correspondre à ce qui a réellement été installé, et l'ajout d'une troisième tête plus tard modifie la combinaison. Nous avons développé ce point à Saint-Anicet. Enfin, le programme Chauffez vert ne s'applique pas ici : il vise le remplacement d'un chauffage aux combustibles fossiles, et cette maison était déjà chauffée à l'électricité.

Pourquoi confier votre installation à AirGreen

Ce chantier de Beaconsfield tient en une idée simple à énoncer et difficile à vendre : sur un système à deux têtes, le bon appareil se choisit sur des lignes du tableau que personne ne lit. Le nombre de ports, la longueur préchargée et la réserve de chauffage ont décidé de ce projet — pas la capacité nominale, et pas le prix d'achat.

Ce que nous mettons systématiquement par écrit avant les travaux : le modèle exact d'unité extérieure et la raison de ce choix, la capacité de chaque tête pièce par pièce, les longueurs de conduits prévues et la charge additionnelle estimée, le code AHRI correspondant à la configuration réelle, le point d'équilibre estimé, la portée exacte des travaux de finition, la capacité d'extension conservée — et ce que le système ne fera pas.

Nous intervenons à Beaconsfield, dans l'ensemble du West Island, à Montréal, à Laval, à Longueuil, sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud, pour l'installation CVAC, la mise en service et l'entretien CVAC de systèmes muraux et multizones.

Faire évaluer votre projet

Si vous envisagez une thermopompe à deux zones dans une maison du West Island, la première étape n'est pas de choisir un modèle : c'est de faire mesurer les tracés, d'établir quelles pièces pourraient s'ajouter dans les cinq prochaines années et de vérifier ce que votre panneau électrique permet réellement. Contactez AirGreen pour une évaluation technique sur place, une soumission détaillée pièce par pièce et un calendrier d'installation.

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