L'entretoit est l'endroit le plus exigeant où poser un échangeur d'air, et la plupart des règles qui s'y appliquent ne sont écrites nulle part sur la soumission
Un échangeur d'air suspendu aux fermes de toit, au-dessus de l'isolant, dans un espace où la température suit celle du dehors : c'est une configuration que nous voyons régulièrement à Montréal, et c'est celle qui provoque le plus d'appels de service trois hivers plus tard.
Le mandat réalisé à Anjou nous permet d'expliquer pourquoi cette implantation est parfois la seule possible, quelles conditions nous exigeons avant de l'accepter, et ce qui arrive lorsque ces conditions ne sont pas respectées. L'appareil retenu est un Broan-NuTone HRV90 de la série Compact Flex, le modèle le plus léger et le plus compact de la gamme, suspendu par chaînes aux fermes de toit.
Pourquoi un entretoit, dans un bungalow d'Anjou
Le parc résidentiel d'Anjou compte une forte proportion de bungalows et de maisons à paliers construits entre 1955 et 1975. Plusieurs partagent une caractéristique qui complique la ventilation mécanique : il n'y a nulle part où mettre l'appareil.
- Les sous-sols sont finis depuis longtemps, souvent sans local mécanique digne de ce nom, et le peu d'espace restant est déjà occupé par le réservoir d'eau chaude, la fournaise et l'aspirateur central.
- Certaines constructions sont sur dalle, sans sous-sol du tout.
- Les plafonds sont bas, et il n'existe pas de vide de solives exploitable pour faire cheminer des conduits sans démolir.
Dans ces cas, l'entretoit devient la seule surface libre de la maison. Il offre de l'espace, un accès direct au-dessus de toutes les pièces, et la possibilité de raccorder des bouches au plafond sans ouvrir un seul mur.
Il apporte aussi le pire environnement thermique du bâtiment.
La règle de température, et pourquoi elle disqualifie la plupart des entretoits
Le fabricant est explicite sur ce point : une implantation en comble n'est envisageable que si la température y est maintenue au-dessus de 10 °C en tout temps.
Un entretoit québécois standard, isolé au plancher et ventilé par des évents de soffite et de faîte, ne respecte pas cette condition. Il suit la température extérieure. En janvier, à Anjou, il descend allègrement sous -20 °C.
Un VRC exposé à ces températures subit trois dommages :
- Le condensat gèle. L'appareil produit de l'eau en hiver. Un bac et un drain à -20 °C ne drainent plus : ils bouchent, puis l'eau déborde dans l'isolant du plafond.
- Le noyau givre en permanence. Le cycle de dégivrage se déclenche sans arrêt, ce qui réduit le débit réel et fait grimper la consommation.
- La chaleur récupérée se perd avant d'arriver. Un appareil qui réchauffe l'air neuf à 14 °C ne sert à rien si les conduits traversent ensuite quinze mètres d'espace à -20 °C.
Les cinq conditions que nous exigeons avant d'accepter une implantation en entretoit
Nous ne refusons pas ce type de projet. Nous le conditionnons.
- L'appareil doit se trouver dans l'enveloppe thermique, ou dans un caisson isolé et tempéré construit autour de lui. Un appareil posé nu au-dessus de l'isolant du plancher est hors de l'enveloppe, donc hors norme.
- Tous les conduits doivent être isolés sur toute leur longueur, avec un pare-vapeur continu et refermé à chaque raccord. Aucune exception, aucun mètre nu.
- Le drain de condensat doit être protégé du gel sur tout son parcours, avec pente continue et sans point bas.
- Un accès praticable doit exister : trappe suffisamment grande, passerelle de circulation, dégagement complet devant la porte de service. Un appareil qu'on atteint en rampant sur des fermes de toit ne sera jamais entretenu.
- La suspension doit respecter l'intégrité des fermes. Ce point mérite sa propre section.
Lorsque ces cinq conditions ne peuvent pas être réunies, nous proposons une autre implantation, quitte à ce que le projet coûte plus cher en travaux de finition. C'est moins agréable à entendre en soumission qu'à découvrir en dégât d'eau.
Le Broan-NuTone HRV90 en bref
Le choix du modèle a été dicté par deux critères propres à l'entretoit : le poids à suspendre et l'encombrement du caisson isolé à construire autour.
- Type : ventilateur récupérateur de chaleur (VRC), série Compact Flex
- Débit continu : 47 à 95 PCM à 0,2 po c.e. — 47 à 90 PCM à 0,4 po c.e.
- Efficacité sensible apparente : 75 % à 0 °C
- Efficacité de récupération sensible (ERS) : 66 % à 0 °C et 60 % à -25 °C
- Efficacité du ventilateur : 1,2 PCM/watt
- Raccords : 4 pouces, configuration latérale ou sur le dessus au choix
- Dimensions (version à raccords latéraux) : 16 5/16 × 19 13/16 × 15 5/8 po
- Poids : 30 lb (environ 13,6 kg)
- Certification : ENERGY STAR
- Garantie : 5 ans sur les pièces, garantie à vie limitée sur le noyau
Trente livres, c'est peu. Sur une ferme de toit, c'est déterminant : la charge additionnelle reste dans le domaine de l'accessoire plutôt que dans celui de la modification structurale.
Ce que devient la chaleur récupérée entre l'appareil et la bouche
Voici le calcul que nous montrons aux clients qui envisagent un entretoit.
Par une journée à 0 °C, avec une maison à 21 °C, le HRV90 introduit l'air neuf à environ 14 °C. Par une nuit à -25 °C, il l'introduit à environ 3 °C.
Ces valeurs sont mesurées à la sortie de l'appareil. Entre cette sortie et la bouche de soufflage du salon, l'air traverse un conduit posé dans un espace froid. Sur un conduit correctement isolé et pare-vapeurisé, la perte se compte en fractions de degré. Sur un conduit nu ou dont le pare-vapeur est ouvert, elle peut annuler la moitié du gain, et le conduit se met à condenser sur sa face extérieure — c'est-à-dire à mouiller l'isolant du plafond de la chambre en dessous.
L'isolation des conduits en entretoit n'est donc pas une amélioration facultative. C'est ce qui rend l'installation viable ou non.
La suspension aux fermes de toit
L'appareil est suspendu par chaînes, ce qui découple les vibrations et évite qu'elles ne se transmettent au plafond de gypse en dessous. La fixation a été faite en respectant trois règles.
- On accroche à la membrure inférieure, aux points de jonction avec les diagonales, là où la ferme est conçue pour recevoir une charge.
- On répartit la charge sur plusieurs fermes plutôt que de tout suspendre à une seule.
- On maintient l'appareil de niveau dans les deux axes, faute de quoi le bac de condensation draine mal.
Ce qu'on ne fait jamais à une ferme de toit
Une ferme de toit est un élément structural calculé. Contrairement à une solive de plancher, elle ne tolère aucune modification.
- On ne coupe jamais une membrure ni une diagonale, même partiellement, même « juste pour passer un conduit ».
- On ne perce pas les membrures.
- On ne s'appuie pas sur les plaques de connexion métalliques, qui ne sont pas des points d'ancrage.
- On ne fait pas passer un conduit à travers le plan d'une ferme en forçant : on contourne, ou on redessine le parcours.
Un entrepreneur qui coupe une diagonale de ferme pour faire passer un conduit de six pouces vous laisse un problème structural que personne ne verra avant la prochaine grosse bordée de neige.
L'accès à l'entretien, planifié avant l'installation
Un échangeur d'air demande un entretien aux trois mois pour les filtres et annuel pour le noyau. En entretoit, cet entretien ne se fait pas si le chemin d'accès n'a pas été prévu.
Nous validons donc, avant même de proposer l'implantation : la dimension de la trappe, la présence d'un plancher de circulation ou de madriers posés sur les membrures, l'éclairage, et le dégagement frontal devant la porte de l'appareil. C'est la différence entre un système entretenu douze fois en douze ans et un système ouvert une seule fois, le jour où il tombe en panne.
Qualité de l'air à Anjou : ce qui entre par la prise d'air neuf
Anjou présente un profil particulier sur l'île de Montréal : un secteur résidentiel encadré par l'autoroute 25, l'autoroute 40 et l'un des plus grands parcs industriels du Québec.
Cela ne remet pas en cause l'intérêt d'un échangeur d'air — au contraire, une maison qui ne ventile pas concentre ses propres polluants intérieurs, qui dominent largement. Mais cela influence deux décisions :
- Le positionnement de la prise d'air neuf, que nous éloignons autant que possible de la façade donnant sur la voie la plus passante, et que nous ne plaçons jamais du côté d'un stationnement où un moteur tourne au ralenti.
- Le niveau de filtration, qu'il vaut la peine de rehausser lorsque des occupants sont sensibles aux particules fines. Nous en discutons ouvertement plutôt que de vendre le filtre le plus cher par réflexe.
Les erreurs que nous corrigeons le plus souvent en entretoit
- Poser l'appareil nu au-dessus de l'isolant du plancher, sans caisson tempéré. C'est l'erreur fondatrice dont découlent toutes les autres.
- Laisser un mètre de conduit non isolé près de l'appareil, là où il est le plus difficile d'accès.
- Faire remonter le drain de condensat pour rejoindre un renvoi plus haut. En entretoit, tout point bas devient un bouchon de glace.
- Fixer les chaînes au platelage du toit plutôt qu'aux membrures.
- Oublier la trappe d'accès dans le calcul du prix, puis renoncer à l'agrandir.
- Traiter l'entretoit comme un sous-sol. Ce sont deux mondes thermiques différents.
Entretien du HRV90
- Aux 3 mois : retirer et nettoyer les filtres à l'aspirateur, puis à l'eau tiède savonneuse. Les laisser sécher complètement.
- Une fois par année : retirer le noyau, le faire tremper dans une solution d'eau tiède et de savon doux, rincer, sécher complètement, réinstaller dans le bon sens.
- Une fois par année : essuyer le bac de condensation et vérifier l'écoulement complet du drain, avant les premiers gels.
- Une fois par année : inspecter les deux capots extérieurs, retirer débris et charpie, vérifier l'absence d'accumulation de neige ou de glace sur le grillage.
- À chaque visite : contrôler l'état du pare-vapeur des conduits et refermer tout raccord ouvert.
L'entretien CVAC d'un appareil en entretoit gagne à être confié à un contrat annuel plutôt qu'improvisé par le propriétaire. L'accès y est inconfortable, et c'est précisément pour cette raison qu'il est si souvent négligé.
Faire installer votre échangeur d'air Broan-NuTone avec AirGreen
Nous concevons, installons et entretenons des systèmes de ventilation résidentiels à Anjou, à Saint-Léonard, à Montréal-Nord, à Rivière-des-Prairies, à Mercier, dans l'est de Montréal, ainsi qu'à Laval, à Longueuil, sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud.
Notre position sur les implantations difficiles est constante : nous préférons expliquer pourquoi une configuration exige des travaux supplémentaires plutôt que de livrer une installation qui fonctionnera deux hivers. Un échangeur d'air posé dans un entretoit peut très bien vieillir — à condition que l'appareil soit tempéré, les conduits isolés, le drain protégé et l'accès praticable.
Pour une évaluation de vos besoins en ventilation, une soumission d'installation CVAC ou un contrat d'entretien CVAC, contactez notre équipe. Nous nous déplaçons, nous montons dans l'entretoit, et nous vous disons ce qui est faisable avant de vous vendre quoi que ce soit.
