Quand l'accès au toit détermine le modèle qu'on installe
Avant de parler de SEER2 ou de plage de modulation, il y a une question qu'un entrepreneur sérieux se pose en montant sur le toit pour la première fois : comment l'équipement va-t-il arriver jusqu'ici, et comment en redescendra-t-il dans douze ans?
À Saint-Pie, dans la MRC des Maskoutains, la réponse à cette question a directement changé le modèle que nous avons proposé. L'accès au toit se faisait par une trappe intérieure de dimensions modestes, sans échelle extérieure, sans possibilité de stationner une nacelle du côté de la ruelle. Cette contrainte, purement logistique en apparence, a des conséquences techniques bien réelles.
Le contexte du bâtiment
Un immeuble à toit plat du noyau villageois, recouvert de gravier, avec les caractéristiques typiques du parc bâti de ce secteur de la Montérégie :
- membrane vieillissante mais en bon état, dernier réfection il y a une dizaine d'années;
- évents de plomberie et sorties de ventilation répartis sans logique apparente sur la surface;
- trappe d'accès en bois au centre du toit;
- chauffage par plinthes électriques, aucune ventilation forcée;
- aucun espace au sol disponible pour une unité extérieure — cour arrière minuscule, façade sur rue.
Le propriétaire souhaitait climatiser deux zones et réduire sa consommation de chauffage en demi-saison, sans entreprendre de travaux majeurs à l'intérieur.
Le choix : GREE Freematch R32 GWHD(18)ND6MO
Nous avons retenu le GWHD(18)ND6MO, l'unité extérieure du système Freematch R32 conçue pour deux unités intérieures.
Le poids comme critère de sélection
C'est un critère que les fiches techniques présentent en dernier et que les comparateurs en ligne ignorent complètement. Il aurait pourtant dû figurer en haut de la liste dans ce dossier.
| Modèle | Poids net | Dimensions |
|---|---|---|
| GWHD(18)ND6MO | 35,5 kg | 822 × 550 × 352 mm |
| GWHD(24)ND6MO | 51 kg | 964 × 660 × 402 mm |
Quinze kilos et quatorze centimètres de largeur en plus, cela ne change rien sur un patio de plain-pied. Cela change tout lorsqu'il faut faire passer l'appareil par une trappe et le porter à deux sur une échelle de meunier. Le modèle de 24 000 BTU serait passé au prix d'un démontage partiel du cadre de trappe. Le modèle de 18 000 est passé sans intervention.
Comme le calcul de charge donnait une demande de pointe compatible avec 18 000 BTU/h pour les deux zones, il n'y avait aucune raison de compliquer le chantier.
Les données de rendement
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Unités intérieures raccordables | 2 |
| Refroidissement nominal | 18 000 BTU/h — plage 7 300 à 19 800 BTU/h |
| Chauffage nominal | 18 000 BTU/h — plage 7 300 à 18 100 BTU/h |
| SEER2 | 21 |
| HSPF2 | 10 |
| EER2 / COP | 12,5 / 3,9 |
| Chauffage assuré jusqu'à | -30 °C |
| Réfrigérant | R32 (A2L), 900 g d'usine |
| Pression sonore | 54 dB(A) |
| Débit d'air | 1 354 pi³/min |
| Électricité | 208/230 V — MCA 14,5 A — protection max. 20 A |
| Tuyauterie | précharge 10 m — maximum 40 m |
| Certifications | ENERGY STAR, AHRI, homologation climat froid |
| Garantie | 10 ans + 2 ans compresseur et pièces |
Un SEER2 de 21 et un HSPF2 de 10 placent cet appareil dans la tranche haute du marché résidentiel, et son homologation climat froid garantit une production de chaleur utile jusqu'à -30 °C — condition non négociable pour une installation en Montérégie, où les nuits de janvier descendent régulièrement sous -25 °C en secteur agricole dégagé.
La logistique du chantier : ce qui se passe avant le premier raccord
Monter l'équipement
Nous avons procédé en trois voyages : le support d'aluminium et les madriers d'abord, l'unité extérieure ensuite, l'outillage et les lignes en dernier. L'appareil a été sanglé et remonté à deux techniciens, avec un troisième au sol pour la stabilisation de l'échelle.
Ce qu'un propriétaire devrait exiger de son entrepreneur avant les travaux :
- Une visite de toit préalable, pas seulement une visite du logement. Un entrepreneur qui soumissionne une installation en toiture sans être monté sur le toit soumissionne à l'aveugle.
- Une confirmation écrite du mode d'accès — trappe, échelle extérieure, nacelle. Si une nacelle est requise, c'est une ligne budgétaire, pas une surprise le matin des travaux.
- Une vérification de l'état de la membrane avant intervention, documentée par photos. Cela protège les deux parties.
Positionner sans bloquer ce qui existe
Le toit comportait déjà plusieurs contraintes. Notre positionnement respecte trois règles simples que nous appliquons partout, à Montréal comme sur la Rive-Sud :
- Ne jamais bloquer la trappe d'accès. Un appareil posé devant la trappe transforme chaque entretien futur — le sien comme celui de la toiture — en manœuvre acrobatique.
- Ne jamais poser sur le chemin de l'eau. Sur un toit plat, l'eau se dirige vers un ou deux drains. Un support qui coupe cette trajectoire crée une flaque permanente, et une flaque permanente use la membrane.
- Respecter les dégagements d'aspiration et de soufflage par rapport aux évents, aux parapets et aux autres équipements.
L'appareil repose sur un support d'aluminium boulonné à des madriers de bois traité, eux-mêmes posés à plat sur le gravier. Aucune vis ne traverse la membrane. C'est la seule méthode que nous acceptons sur une toiture existante.
Le raccordement électrique visible sur la photo
Le boîtier gris fixé au montant du support est le sectionneur, exigé à portée de vue de l'appareil. Il est relié par un conduit flexible étanche aux liquides, seul type acceptable en extérieur : un conduit rigide standard travaillerait en fatigue sous les vibrations du compresseur et finirait par se fissurer à la jonction.
Le circuit est dédié, protégé à 20 A, dimensionné selon le MCA de 14,5 A de l'appareil.
Erreur fréquente : alimenter une thermopompe depuis un circuit existant partagé avec un autre appareil. Le disjoncteur sautera au premier démarrage sous charge, en pleine canicule, un dimanche.
Le point critique : la longueur de tuyauterie
Le GWHD(18)ND6MO est préchargé pour 10 mètres de tuyauterie seulement. C'est la valeur la plus basse de la gamme Freematch, et c'est aussi celle que l'on oublie le plus souvent.
Sur une installation en toiture, on atteint facilement 15 à 20 mètres cumulés pour deux têtes, simplement à cause de la descente verticale. Chaque mètre au-delà de 10 exige 20 g de R32 supplémentaires, pesés à la balance électronique et consignés.
Un système sous-chargé se comporte ainsi :
- rendement en chauffage réduit de 10 à 20 % par grand froid, précisément quand on en a besoin;
- surchauffe excessive au compresseur, donc usure accélérée;
- aucun code d'erreur affiché — l'appareil fonctionne, simplement mal.
C'est la défaillance silencieuse la plus répandue que nous rencontrons lors de nos interventions d'entretien CVAC sur des installations réalisées par d'autres.
Mise en service et résultats
Protocole appliqué :
- Pressurisation à l'azote sec, maintien contrôlé.
- Tirage au vide à 500 microns, isolement vérifié au vacuomètre.
- Pesée et ajout du complément de R32 selon la longueur réelle mesurée.
- Contrôle de surchauffe et de sous-refroidissement sur chaque branche.
- Relevé d'ampérage du compresseur en charge.
- Remise au client de la fiche de mise en service et enregistrement de la garantie.
Durée du chantier : une journée et demie, incluant le transport de l'équipement sur le toit.
Notre pratique en Montérégie et dans le Grand Montréal
Chez AirGreen, nous installons des thermopompes murales et des systèmes multizones dans des configurations où l'accès conditionne autant le résultat que le calcul thermique : toitures de plex à Montréal, immeubles sans ascenseur à Longueuil, résidences de la Rive-Nord avec unité en cour arrière étroite, bâtiments de villages agricoles comme Saint-Pie où le camion doit reculer dans une ruelle de terre.
La constante : nous montons sur le toit avant de rédiger la soumission, et nous choisissons le modèle en fonction de ce que nous y avons vu — pas l'inverse.
Pour une évaluation de votre projet de thermopompe, de climatiseur mural ou d'installation CVAC en toiture, notre équipe se déplace dans l'ensemble de la Montérégie, du Grand Montréal, de la Rive-Nord et de la Rive-Sud.
