Poser une unité extérieure sur un toit en bardeaux : les cinq contraintes que le bardeau impose
Une toiture en pente couverte de bardeaux d'asphalte n'est pas un plancher. Elle n'a ni la planéité d'une membrane élastomère, ni la capacité portante d'une dalle de patio, ni la tolérance d'un sol de gravier. Elle draine dans une seule direction, elle se dilate, et le moindre obstacle placé en travers de son écoulement finit par se signaler par une infiltration au plafond.
À Sainte-Marie-Madeleine, le seul emplacement viable pour l'unité extérieure du système Freematch R32 était précisément là : sur le toit en pente faible d'une annexe, adossé au mur du deuxième niveau, sous le débord de toit. Voici comment nous avons traité chacune des contraintes que cette configuration impose.
Pourquoi ce toit et pas la cour
Le propriétaire avait d'abord envisagé une installation au sol, contre le mur arrière. Trois éléments l'ont écartée :
- La terrasse de bois occupait toute la largeur de la façade arrière, et démonter une section aurait coûté plus cher que le support de toit.
- L'accumulation de neige au sol dans ce secteur agricole dégagé de la Montérégie atteint régulièrement un mètre en fin d'hiver. Une unité au sol y aurait exigé un support de plus de 60 cm et serait restée exposée aux congères formées par le vent.
- La longueur de tuyauterie vers les deux zones à traiter aurait doublé en passant par le sous-sol.
Le toit de l'annexe, lui, se trouvait à quelques mètres seulement des deux têtes intérieures, à l'abri partiel du débord de toit, hors de portée des congères.
L'équipement : GREE Freematch R32 GWHD(24)ND6MO
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Unités intérieures raccordables | 2 à 3 (2 installées) |
| Refroidissement nominal | 24 000 BTU/h — modulation de 7 500 à 31 400 BTU/h |
| Chauffage nominal | 24 000 BTU/h — modulation de 7 500 à 31 400 BTU/h |
| SEER2 / HSPF2 | 21 / 10 |
| EER2 / COP | 12 / 3,9 |
| Chauffage assuré jusqu'à | -30 °C |
| Réfrigérant | R32 (A2L), 1 700 g d'usine |
| Pression sonore | 58 dB(A) |
| Poids net | 51 kg |
| Dimensions | 964 × 660 × 402 mm |
| Électricité | 208/230 V — MCA 19,5 A — protection max. 25 A |
| Tuyauterie | précharge 30 m — maximum 60 m |
| Certifications | ENERGY STAR, AHRI, homologation climat froid |
| Garantie | 10 ans + 2 ans compresseur et pièces |
Le choix du 24 000 BTU s'explique par la superficie du rez-de-chaussée à aire ouverte, qui à elle seule justifiait une tête de 15 000 BTU, et par la volonté du propriétaire de conserver une marge pour les périodes de canicule prolongée. Le compresseur inverter module de 7 500 à 31 400 BTU/h, ce qui évite le surdimensionnement chronique en mi-saison malgré cette capacité nominale.
Contrainte 1 : répartir 51 kg sur une charpente d'annexe
Une annexe ou un garage attenant est charpenté pour supporter la neige, pas nécessairement une charge ponctuelle concentrée. Cinquante et un kilos appliqués sur quatre points d'appui de quelques centimètres carrés, c'est une pression locale considérable sur du contreplaqué de 1/2 pouce.
Notre montage :
- Un madrier de bois traité posé perpendiculairement aux chevrons, de manière à répartir la charge sur au moins trois d'entre eux plutôt que sur une seule portée de contreplaqué.
- Une bande de membrane autocollante sous le madrier, protégeant les bardeaux du frottement et de la rétention d'humidité.
- Un support d'aluminium boulonné sur le madrier, mettant l'appareil de niveau malgré la pente.
- Des plots antivibratoires entre le support et l'appareil.
La vérification préalable, non négociable : relever le sens et l'espacement des chevrons depuis l'intérieur avant de choisir l'emplacement. Un support posé parallèlement aux chevrons, entre deux d'entre eux, concentre toute la charge sur le panneau de toit.
Contrainte 2 : ne jamais barrer l'écoulement de l'eau
Un madrier posé en travers de la pente forme un barrage. L'eau s'accumule à l'amont, s'infiltre sous les bardeaux par capillarité, et le problème apparaît deux ou trois ans plus tard sous forme d'auréole au plafond.
Le madrier a donc été positionné le plus haut possible sur la pente, contre le mur, dans la zone où le volume d'eau ruisselante est minimal, et surélevé de façon à laisser un passage libre pour l'eau qui descend du mur et du débord de toit.
L'appareil lui-même est à environ 35 cm au-dessus des bardeaux : l'air circule sous l'unité, la neige ne s'accumule pas contre le serpentin, et l'eau de dégivrage tombe librement puis s'écoule avec le reste de la toiture.
Contrainte 3 : la neige et la glace qui tombent du toit principal
C'est le risque le plus sous-estimé sur ce type d'installation, et celui qui détruit le plus d'appareils au Québec.
Une plaque de neige durcie qui glisse d'un toit en pente et tombe de trois mètres sur un serpentin d'aluminium le détruit instantanément. Le remplacement n'est pas couvert par la garantie — c'est un dommage, pas une défaillance.
À Sainte-Marie-Madeleine, l'appareil est placé directement sous le débord de toit, dans le cône d'ombre du surplomb, ce qui le protège de la chute verticale. Nous avons également vérifié :
- l'axe de la descente pluviale — aucun rejet d'eau au-dessus ni devant l'appareil, ce qui produirait une colonne de glace en hiver;
- l'absence de noue dirigeant l'eau vers cette portion de toit;
- le sens du vent dominant, pour anticiper l'accumulation en congère contre le mur.
Lorsque le débord ne protège pas suffisamment, nous installons un auvent de protection au-dessus de l'unité. Ici, la géométrie du bâtiment rendait cet ajout superflu.
Contrainte 4 : la transmission du bruit dans la structure
L'appareil est adossé à un mur derrière lequel se trouve une pièce habitée, et une fenêtre se situe à moins de deux mètres. Les 58 dB(A) de l'unité en régime maximal ne posent pas de problème en soi — c'est la transmission solidienne qui en pose un.
Deux principes appliqués :
- Le support ne touche pas le mur. Il repose entièrement sur le madrier, sans aucune fixation au revêtement ni à la charpente murale. Un support fixé au mur transforme la structure entière en caisse de résonance.
- Les lignes frigorifiques passent avec un mou, jamais tendues entre l'appareil et la traversée de mur.
Contrainte 5 : la traversée de mur et le raccordement électrique
Le boîtier blanc visible sur le mur est le sectionneur, obligatoire à portée de vue de l'appareil, alimenté par un circuit dédié protégé à 25 A conformément au MCA de 19,5 A du modèle.
La traversée de mur pour les lignes frigorifiques et le câble de commande suit trois règles :
- Perçage en pente descendante vers l'extérieur, pour que l'eau ne puisse jamais migrer vers l'intérieur.
- Boucle d'égouttement — les lignes descendent sous le niveau du perçage avant de remonter, de sorte que l'eau qui longe la gaine tombe au sol plutôt que d'entrer.
- Scellement à double niveau : mousse expansive à cellules fermées à l'intérieur du perçage, scellant élastomère compatible avec le vinyle à l'extérieur.
Sur un revêtement de vinyle, il faut de plus laisser le matériau libre de se dilater. Un scellant appliqué sur toute la largeur d'une lame de vinyle la bloque, et la lame gondole au premier été.
Mise en service
- Pressurisation à l'azote sec et contrôle de maintien.
- Tirage au vide à 500 microns avec test d'isolement au vacuomètre.
- Longueur de tuyauterie mesurée puis comparée aux 30 m préchargés — aucun complément de R32 requis dans ce cas.
- Contrôle de surchauffe, de sous-refroidissement et d'ampérage.
- Relevés de température au soufflage sur les deux têtes.
- Enregistrement de la garantie et remise de la fiche technique au propriétaire.
Durée du chantier : une journée, deux techniciens.
Ce que nous appliquons partout
Nous réalisons ce type de pose sur toit en pente à Montréal, à Laval, à Longueuil, sur la Rive-Nord, la Rive-Sud et dans l'ensemble de la Montérégie. Les règles ne changent pas d'un chantier à l'autre :
- Relever la charpente avant de choisir l'emplacement, jamais après.
- Positionner en fonction de l'eau — celle qui ruisselle, celle qui tombe du toit supérieur, celle qui sort de la descente pluviale.
- Découpler mécaniquement l'appareil de la structure habitée.
- Documenter la mise en service, pour que la garantie 10+2 ans reste défendable dix ans plus tard.
Pour l'installation d'une thermopompe murale, d'un climatiseur mural ou pour un entretien CVAC, notre équipe évalue le bâtiment sur place avant de proposer un modèle et un emplacement.
