Installation d'une thermopompe murale 2 têtes GREE FREEMATCH R32 (GWHD(18)ND6MO) à Saint-Édouard, dans les Jardins-de-Napierville
Temps de lecture: 16'

Installation d'une thermopompe murale 2 têtes GREE FREEMATCH R32 (GWHD(18)ND6MO) à Saint-Édouard, dans les Jardins-de-Napierville

L'atelier au sous-sol est la pièce la plus mal desservie de la maison, et celle qu'on nous demande le moins souvent de traiter

Dans les municipalités agricoles des Jardins-de-Napierville, une maison sur trois a un atelier au sous-sol. Pas un coin bricolage : un vrai atelier, avec un banc de scie, une scie à onglets, un établi, un compresseur, parfois un tour à bois, et un occupant qui y passe ses hivers. C'est presque toujours la dernière pièce à recevoir un traitement de CVAC, et c'est celle où les erreurs de conception coûtent le plus cher.

Nous avons déjà écrit sur Saint-Édouard — une maison rurale sur une entrée électrique limitée, où la capacité du panneau, et non la superficie de la maison, avait dicté le choix du compresseur, et une seconde partie consacrée au réglage de consigne et à la différence entre refroidir et assécher. Cette page-là traite du dimensionnement électrique et du confort d'été. Celle-ci traite d'une pièce précise et de ce qui passe derrière son mur. Les deux se complètent et ne se répètent pas.

Ce qu'un atelier fait à un appareil

Une thermopompe murale aspire l'air de la pièce par le haut, le fait passer sur un échangeur à ailettes très serrées, et le renvoie par le bas. Dans un salon, cet air contient de la poussière domestique. Dans un atelier, il contient autre chose :

  • de la poussière de bois fine, celle qui reste en suspension des heures après l'arrêt des machines et que l'aspirateur d'atelier ne capte pas ;
  • des particules de ponçage, plus abrasives que la poussière domestique ;
  • des vapeurs de finition — teintures, vernis, huiles — qui déposent un film collant sur toute surface froide ;
  • de la limaille et des projections dans un atelier de métal.

La conséquence pratique est simple à énoncer et rarement dite : dans un atelier, le filtre n'a pas le même calendrier que dans le reste de la maison. Nous parlons d'une vérification aux deux à trois semaines pendant les périodes d'usage intensif, pas d'un rinçage saisonnier. Et le filtre lavable d'origine, conçu pour retenir les grosses particules, ne protège pas l'échangeur des fines : c'est l'échangeur lui-même qui finit encrassé, et là il ne s'agit plus d'un entretien de quinze minutes.

Notre position sur ces chantiers : l'atelier reçoit sa tête, mais le client repart avec un calendrier d'entretien différent de celui des autres pièces, écrit noir sur blanc dans le dossier de fin de travaux. Un appareil identique dans deux pièces différentes n'a pas le même besoin d'entretien, et prétendre le contraire est la meilleure façon de perdre un échangeur en cinq ans.

Ce qu'un sous-sol fait au confort

Un sous-sol se comporte à l'inverse d'un étage.

En été, il est naturellement le point froid de la maison — la dalle et les murs enterrés sont en contact avec un sol qui reste tempéré. Le problème d'un atelier en été n'est presque jamais la température : c'est l'humidité relative. Un air à 21 °C peut être très humide, et c'est cet air qui fait rouiller les tables de scie, gondoler les feuilles de contreplaqué et bloquer les tiroirs de l'établi.

C'est ici que le comportement d'un appareil à modulation devient déterminant. Un serpentin ne déshumidifie que lorsqu'il reste sous le point de rosée assez longtemps. Un appareil qui atteint la consigne en huit minutes et s'arrête n'a pas le temps de faire ce travail. Sur ce chantier, le plancher de modulation de 7 300 BTU/h — le plus bas de toute la gamme FREEMATCH — est précisément ce qui permet à l'appareil de tourner longtemps et lentement plutôt que par à-coups.

En hiver, la difficulté change de nature. La dalle est froide, la stratification est marquée, et une tête murale souffle son air chaud à deux mètres du sol, là où il a naturellement tendance à rester. Nos réflexes sur ce type d'installation :

  • orienter le déflecteur vers le bas, franchement, en chauffage — c'est l'inverse du réglage d'été ;
  • laisser la vitesse de ventilation en mode automatique plutôt que la brider, pour que l'appareil puisse brasser le volume ;
  • ne jamais promettre qu'une tête murale rendra une dalle non isolée confortable sous les pieds. Elle ne le fera pas. Un plancher froid se règle au plancher.

Où placer la tête dans un atelier

Le mur disponible dans un sous-sol aménagé est rarement celui qu'on choisirait. Nos règles d'implantation, dans l'ordre :

  1. Jamais face à une source de poussière. Une tête qui aspire directement au-dessus d'une scie à onglets encrasse son filtre en quelques semaines. On la place à l'écart du poste de coupe, et on accepte que le trajet d'air soit un peu moins direct.
  2. Jamais au-dessus d'un poste de travail de précision. Un jet d'air continu sur un établi dérange, sèche les colles et déplace les copeaux là où on ne les veut pas.
  3. Jamais derrière une rangée de tablettes murales. Une tête a besoin de reprendre l'air librement par le haut ; les rangements d'atelier ont l'habitude de grimper jusqu'au plafond.
  4. Toujours en tenant compte du drain de condensat. Un sous-sol impose souvent une évacuation en pente longue ou une pompe de relevage, et cette décision se prend avant de percer, pas après.
  5. Toujours en pensant à l'accès. Un appareil qu'on devra dépoussiérer souvent doit rester atteignable sans démonter un rangement.

La surface minimale de la pièce, et pourquoi nous ne publions aucun chiffre

Il y a un point que les propriétaires d'atelier doivent connaître avant de commander, parce qu'il peut disqualifier un local.

Sur l'étiquette apposée sous chaque unité intérieure figurent, avec le pictogramme A2L du R32, une hauteur d'installation minimale et une surface minimale de pièce. Ces valeurs ne sont pas des constantes de la norme : elles sont calculées appareil par appareil en fonction de la charge de réfrigérant du circuit. C'est la raison pour laquelle deux appareils de la même gamme peuvent porter deux chiffres différents, et pourquoi les valeurs qui circulent sur les forums et dans les articles ne veulent rien dire pour votre installation.

Nous avons traité ce mécanisme en détail ailleurs dans notre série et nous n'allons pas le refaire ici. La règle que nous en retenons est celle-là, et elle est suffisante :

Le seul chiffre qui vous concerne est celui imprimé sur votre appareil.

Pourquoi cela compte davantage dans un atelier de sous-sol qu'ailleurs : un atelier est souvent une pièce cloisonnée dans un sous-sol partagé, plus petite qu'elle n'en a l'air une fois les rangements installés, et le fond d'un sous-sol est exactement l'endroit où un gaz plus lourd que l'air se rassemblerait. La question de la superficie doit donc être posée avant de choisir la pièce, pas constatée après la pose. Nous la posons systématiquement, et nous la renvoyons au manuel d'installation du fabricant plutôt qu'à un chiffre général.

Ne rien percer : ce qui passe derrière le mur d'un atelier

Un atelier a une particularité que les autres pièces n'ont pas : on y perce les murs. Des tablettes, un panneau perforé, un rail à outils, un support de télévision, une bande magnétique à couteaux, un étau boulonné. C'est l'usage normal de la pièce, et c'est la raison pour laquelle le mur qui porte une thermopompe murale dans un atelier mérite un traitement particulier.

Ce qui circule réellement dans ce mur

Derrière la plaque de montage d'une tête intérieure, sur une largeur qui dépasse souvent celle de l'appareil, il y a :

  • deux conduites de cuivre — 1/4 po au liquide, 3/8 po au gaz — sous isolant ;
  • un tuyau de condensat, en pente, qu'un seul point d'écrasement suffit à mettre hors service ;
  • un câble de commande et d'alimentation qui relie la tête à l'unité extérieure.

Une vis de 2 po plantée au mauvais endroit ne provoque pas toujours une catastrophe visible. Dans le meilleur des cas, elle rate tout. Dans le pire, elle perce une conduite de réfrigérant, et le diagnostic se fera des mois plus tard, quand l'appareil aura perdu assez de charge pour ne plus performer. Rappelons ce que nous répétons sur tous nos chantiers : un système qui manque de réfrigérant a une fuite, et rajouter du fluide n'est pas un entretien.

Un percement dans le tuyau de condensat, lui, se manifeste au premier été, dans le mur.

L'étiquette « ne pas percer » n'est pas décorative

Parmi les pictogrammes de l'étiquette sous l'appareil figure un avertissement de ne pas percer. Il vise l'appareil lui-même — son échangeur est à quelques millimètres derrière la tôle, et un serpentin percé sur un circuit R32 n'est pas une réparation, c'est un remplacement. Nous le montrons au client à la livraison, avec le reste de la bande d'étiquettes, parce que c'est le seul moment où quelqu'un les regarde.

Le relevé que nous remettons

Ce que nous faisons sur les installations en atelier, et que nous recommandons d'exiger de n'importe quel entrepreneur :

  • photographier le mur ouvert avant de refermer, avec un mètre ruban visible dans le cadre ;
  • coter le trajet sur un croquis simple : distance du coin, hauteur du plancher, largeur de la zone occupée par les conduites ;
  • remettre ces deux pièces au propriétaire avec le dossier de fin de travaux, pas seulement les garder dans nos dossiers.

Un croquis coté vaut mieux qu'un détecteur de montants dans une main hésitante. Nous avons écrit ailleurs sur le repérage des ancrages extérieurs et sur les photos à prendre pendant que l'accès est encore ouvert ; ce que nous ajoutons ici, c'est que dans un atelier, ce relevé doit partir avec le client, parce que c'est lui qui percera ce mur, et probablement dans les six mois.

Avant de percer près de l'appareil

  • Repérer d'abord le point de traversée extérieur : il donne la hauteur et l'alignement réels du faisceau.
  • Se donner une zone d'exclusion généreuse autour et sous la plaque, plutôt qu'une marge optimiste.
  • Ne jamais utiliser le cabinet, ses vis ou ses ancrages comme point de fixation pour autre chose. Les ancrages d'un appareil lui sont réservés — c'est vrai à l'intérieur comme à l'extérieur.
  • En cas de doute, un appel avant le perçage coûte quelques minutes ; une conduite percée coûte une journée d'atelier et une recharge.

Le matériel installé

Élément Détail
Unité extérieure GREE FREEMATCH R32 — GWHD(18)ND6MO
Têtes intérieures 2 unités murales, 9 000 + 9 000 BTU/h
Capacité nominale climatisation 5 275 W — 18 000 BTU/h
Capacité nominale chauffage 5 275 W — 18 000 BTU/h
Plage de modulation 2 140 à 5 800 W (7 300 à 19 800 BTU/h)
Efficacité SEER2 21 · HSPF2 10 · EER2 12,5 · EER 3,52 · COP 3,90
Alimentation 208/230 V — MCA 14,5 A, protection maximale 20 A
Plage de fonctionnement −30 °C à 48 °C en climatisation, −30 °C à 24 °C en chauffage
Réfrigérant R32, 900 g de précharge usine
Tuyauterie 12 m + 16 m = 28 m développés (maximum 40 m)
Appoint de réfrigérant 360 g pesés et ajoutés (20 g/m au-delà de 10 m)
Poids de l'unité extérieure 35,5 kg
Numéro AHRI 214931586 · certifié ENERGY STAR

Nous le disons sans détour : une paire de têtes de 9 000 BTU/h sur un châssis de 18 000 n'a rien d'inédit, ni dans notre série ni ailleurs. Ce qui distingue cette page, ce n'est pas la fiche technique, c'est la pièce que la seconde tête dessert.

Trois particularités méritent tout de même d'être signalées sur ce calibre :

  • C'est le seul châssis de la gamme qui n'accepte que deux têtes. Les autres en acceptent trois, quatre ou cinq. Sur un GWHD(18), la configuration est définitive : il n'y a pas de troisième zone possible plus tard sans changer l'unité extérieure. Cela doit être dit au moment de la vente, pas constaté deux ans après.
  • Sa précharge d'usine ne couvre que 10 m de tuyauterie, contre 30 m sur le 24 000 et 50 m sur le 42 000. Sur un parcours de 28 m — un rez-de-chaussée et un sous-sol de part et d'autre de la maison — l'appoint de réfrigérant est la règle, pas l'exception. Ces 360 g ont été pesés à la balance et consignés.
  • Cet appoint doit être noté avec la charge totale du circuit. Puisque les valeurs de hauteur et de surface minimales de l'étiquette sont calculées à partir de la charge, une charge finale supérieure à la charge d'usine est une question à poser au manuel du fabricant, et non un détail administratif. Nous la posons ; nous n'y répondons pas à sa place.

Admissibilité aux programmes

Le GWHD(18)ND6MO est certifié ENERGY STAR et porte un numéro AHRI publié, deux vérifications systématiques dans les programmes d'aide financière québécois. Les conditions dépendent du système de chauffage remplacé, du type de bâtiment et de l'année de programme, et elles changent. Nous ne publions pas de montants : nous validons chaque dossier avec les documents en vigueur au moment de la signature et nous préparons les pièces justificatives à la fin des travaux.

Saint-Édouard : un village québécois qui porte le nom d'un roi d'Angleterre

Le toponyme de Saint-Édouard honore Édouard le Confesseur (vers 1002-1066), roi d'Angleterre de 1042 à 1066. C'est lui qui fit entreprendre, vers 1050, la construction de l'église qui allait devenir l'abbaye de Westminster ; elle fut inaugurée en 1065, et il mourut le 5 janvier 1066, quelques jours après. Peu de villages agricoles de la Montérégie portent une filiation aussi improbable.

Sur le terrain, l'histoire est plus locale : une partie du territoire relevait de la seigneurie de Saint-Georges, concédée à François Languedoc en 1823. La paroisse est érigée canoniquement en 1829, puis civilement dans les années qui suivent — les sources municipales et toponymiques ne s'accordent pas parfaitement sur la date exacte de l'érection civile, et nous préférons le signaler plutôt que de trancher. Le bureau de poste ouvre sous le nom de Saint-Édouard-de-Napierville, le nom officiel actuel est fixé le 5 décembre 1968, et la municipalité de paroisse devient simplement municipalité le 11 décembre 2010. L'église conserve un orgue Mitchell de 1892.

Le territoire couvre environ 53 km² pour à peu près 1 300 habitants, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Napierville et à une cinquantaine de kilomètres de Montréal. L'agriculture y est diversifiée — pomme de terre, production laitière, aviculture — et cela se traduit très concrètement dans notre carnet : beaucoup de maisons de rang, beaucoup de sous-sols aménagés en atelier, et des propriétaires qui réparent eux-mêmes ce qui peut l'être.

Chez AirGreen, nous installons et entretenons des thermopompes, des climatiseurs muraux et des systèmes CVAC complets à Montréal, Laval, Longueuil, sur la Rive-Nord, sur la Rive-Sud et dans toute la Montérégie — y compris dans les villages des Jardins-de-Napierville : Saint-Édouard, Napierville, Saint-Cyprien-de-Napierville, Sainte-Clotilde et Saint-Chrysostome. Une tête posée dans un atelier ne se conçoit pas comme une tête posée dans un salon, et c'est exactement le genre de distinction qui décide de la satisfaction cinq ans plus tard.

Laissez un commentaire