Tout ce qu'on lit sur les thermopompes en toiture a été écrit pour un toit plat. Celui-ci est en pente, et rien ne se transpose
En 1913, le brigadier Andrew Hamilton Gault achetait 890 hectares du domaine Campbell sur la montagne. À sa mort, en 1957, il léguait la propriété à l'Université McGill pour qu'elle soit préservée « for all time to come ». En 1978, le mont Saint-Hilaire devenait la première réserve de biosphère de l'UNESCO au Canada — une aire désignée de 29 370 hectares autour d'une montagne montérégienne dont le Pain de Sucre culmine à 414 mètres. La moitié est de la réserve Gault reste aujourd'hui fermée au public, réservée à la conservation et à la recherche : c'est l'une des dernières forêts anciennes de la vallée du Saint-Laurent.
Le village au pied de la montagne a produit deux peintres. Ozias Leduc y naît en 1864 et décore l'église de Saint-Hilaire de trente tableaux entre 1896 et 1900 — sa première commande d'œuvres originales ; l'église est classée immeuble patrimonial depuis le 24 novembre 1965, son décor peint depuis le 5 août 1976. Paul-Émile Borduas, signataire du Refus global, y naît le 1er novembre 1905. La Ville actuelle date de 1966, née de l'union du secteur montagne et du village de Saint-Hilaire, et compte aujourd'hui un peu plus de 19 000 résidents.
Nous y avons installé une thermopompe murale 2 têtes GREE FreeMatch R32, unité extérieure posée sur un toit en bardeaux d'asphalte, en pente.
Et c'est là que cette page devient utile, parce que la documentation disponible sur les thermopompes en toiture — la nôtre comprise — a été écrite pour des toits plats. Membrane monocouche, gravier, terrasse. Les règles que le métier répète sans y penser viennent toutes de là. Sur une pente en bardeaux, la moitié ne s'applique pas, et l'autre moitié change de sens.
Ce qui a été installé
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Unité extérieure | GREE FreeMatch R32 GWHD(24)ND6MO |
| Capacité nominale | 7 030 W — 24 000 BTU/h, en climatisation comme en chauffage |
| Têtes | 15 000 + 15 000 = 30 000 BTU/h, soit 125 % du nominal |
| Plage de modulation | 2 200 à 9 200 W — 7 500 à 31 400 BTU/h |
| Cotes | SEER2 21 · HSPF2 10 · EER2 12 · EER 3,8 · COP 3,90 |
| Référence AHRI | 214931587 |
| Plage de chauffage | −30 °C à 24 °C |
| Charge d'usine | 1 700 g de R32 |
| Tuyauterie | 11 m + 14 m = 25 m développés, sous la précharge de 30 m → aucun R32 ajouté |
| Électricité | MCA 19,5 A · MOCP 25 A |
| Cabinet | 964 × 660 × 402 mm, 51 kg, 2 236 cfm, 58 dB(A) |
Valeurs tirées de la fiche X610068B, lue directement. Deux têtes de 15 000 pour deux zones comparables : chacune appelant seule se situe au double du plancher de modulation de 7 500 BTU/h, et le total de 30 000 reste sous le maximum modulé de 31 400, ce qui signifie que les deux têtes peuvent appeler leur maximum en même temps sans que l'appareil arbitre. Disons-le franchement : la cellule 24 000 à 30 000 est neuve dans notre série, mais la répartition 15 + 15 y a déjà servi ailleurs, et nous préférons l'écrire que le maquiller.
Un mot sur le châssis, parce que la photo le montre : le bloc de vannes porte trois orifices gaz, marqués A, B et C. Deux sont raccordés, le troisième est capuchonné. Ce n'est pas un oubli — c'est le châssis qui accepte deux à trois unités intérieures, et l'étiquetage imprimé sur la carrosserie reste la trace permanente du plan de raccordement. Ce que vaut réellement un port disponible a été débattu ailleurs dans notre série ; nous n'y revenons pas ici.
Cinq règles de toiture qui ne survivent pas à une pente
Le lestage ne fonctionne pas sur un plan incliné
Sur un toit plat, l'assemblage courant est lesté : appareil, base métallique, dormants de bois, barrière d'abrasion, membrane. Rien ne perce l'étanchéité, et c'est la gravité qui tient tout en place. Notre page de Dollard-des-Ormeaux en a publié les cinq règles, et nous n'y touchons pas.
Le principe repose entièrement sur le fait que le plan est horizontal. Sur une pente, la même masse ne s'appuie plus vers le bas : elle pousse vers le bas de la pente. Un assemblage qui « tient tout seul » sur une membrane plate devient, sur un versant, un objet qui glisse lentement — sous les cycles de gel-dégel, sous la dilatation du bois, sous les vibrations d'un compresseur. Le montage doit donc être retenu, et la retenue est une question de structure, pas de poids.
C'est exactement ce que font la pièce de bois traité et la base d'aluminium visibles sur la photo : elles ne lestent pas, elles fabriquent un plan horizontal sur un plan qui ne l'est pas, et elles reportent la charge ailleurs que sur les bardeaux eux-mêmes.
Notre page de La Prairie l'avait formulé pour un toit de gravier : les dormants sont la seule pièce structurale du chantier que personne ne calcule. Sur une pente, cette phrase cesse d'être un avertissement et devient la question centrale. Et l'attestation de capacité portante reste ce que notre page de Sainte-Angèle-de-Monnoir en a dit : un document signé, pas une opinion de chantier.
La mise à niveau se paie en hauteur
Un appareil doit rester d'aplomb pour que l'eau quitte son bac par les ouvertures prévues — le mécanisme appartient à notre page de Pierrefonds-Roxboro et nous le citons sans le refaire.
Sur une pente, l'aplomb ne s'obtient pas : il se construit, en calant davantage le côté aval que le côté amont. Trois conséquences que le toit plat ne pose jamais :
- Le centre de gravité monte. Plus la cale aval est haute, plus l'appareil est perché, et plus le vent et la vibration ont de bras de levier.
- L'appui devient inégal. Le côté amont porte presque directement, le côté aval porte à travers une hauteur de bois. Deux appuis de raideur différente sous un même cabinet, c'est un cabinet qui travaille.
- La cale est une pièce d'usure. Notre page de Saint-Théodore-d'Acton a publié la règle : même essence, même traitement, même âge, remplacés en jeu complet et jamais une pièce à la fois. Sur une pente, une seule pièce qui cède ne fait pas s'affaisser l'appareil — elle le fait basculer.
Et puisque la photo montre une base d'aluminium sur du bois traité : le couple aluminium et fixations d'acier en présence d'eau est un couple galvanique, mécanisme publié à Pierrefonds-Roxboro, et le bois traité au cuivre exige sa propre séparation d'avec le métal. Sur une pente, ces points corrodent précisément là où la retenue travaille le plus.
Sur un versant, l'eau et la neige arrivent d'en haut
C'est le renversement le plus important, et il vaut d'être dit lentement.
Sur un toit plat, on décide où l'eau va. Notre page de Sainte-Angèle-de-Monnoir a publié les trois objets non interchangeables du drainage d'un toit plat, et sa formule : un toit porte ce qu'il n'évacue pas.
Sur un versant, on ne décide de rien du tout : toute la surface située en amont de l'appareil se draine vers lui. L'appareil n'est plus un objet posé à côté du chemin de l'eau, il est dans le chemin de l'eau, et un objet dans le chemin de l'eau est un barrage. Ce qui s'accumule au côté amont n'est pas seulement de l'eau : c'est du granulat, des aiguilles, des feuilles, et en hiver de la glace.
La neige suit la même logique, en pire. Un toit en pente déleste : c'est sa fonction. Notre page des Cèdres a traité la neige qui glisse d'un toit sur un appareil au sol — ici la géométrie est différente et plus sévère, parce que l'appareil est posé sur le plan qui déleste. Tout ce qui descend le fait vers lui, et ce qui s'arrête contre lui y reste.
Deux pratiques en découlent, et elles se décident avant la commande :
- La position se choisit sur le versant, pas sur la longueur de tuyauterie — le plus haut raisonnable, jamais dans un noue ou une vallée où deux versants convergent.
- Le dégagement amont n'est pas le dégagement aval. Ils ne servent pas à la même chose : l'un est un dégagement d'aspiration, l'autre est un volume de rétention.
Le bardeau est une surface d'usure, pas un plancher
Un bardeau d'asphalte est une membrane souple couverte de granulat minéral, et le granulat est sa protection contre les ultraviolets. Ce que cela impose :
- Il est sensible à la température : mou et vulnérable à l'empreinte en juillet, cassant en janvier. La fenêtre de pose n'est pas seulement une question de confort pour l'équipe.
- Il est conçu pour une charge répartie et légère. Un dormant, une base à quatre pieds et un cabinet de 51 kg concentrent une charge ponctuelle sur une surface qui n'a pas été dessinée pour cela.
- La circulation à pied use le granulat, et le granulat perdu ne repousse pas.
Cela mène à la question qu'il faut poser en premier et que presque personne ne pose : qui garantit ce toit, et que dit cette garantie de ce qu'on y dépose ? Nous ne rendons pas cette décision — nous la posons, par écrit, avant le devis, au propriétaire et au couvreur.
Monter, et redescendre
L'accès reste ce que nos pages ont déjà publié et nous les citons plutôt que de les réécrire : Dollard-des-Ormeaux pour l'accès de service hivernal et la protection contre les chutes, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles pour le levage chiffré comme une ligne distincte du devis, La Prairie pour l'arc que décrit tout appareil de levage, et Lorraine pour la règle du dernier jour de clarté — un toit n'a pas d'éclairage, la journée se construit à rebours du coucher du soleil, et si elle glisse, les vannes de service restent fermées.
Sur une pente, une seule chose s'ajoute, et elle concerne le service et non l'installation : un technicien y travaille agenouillé sur un plan incliné, à côté d'un appareil qui tourne. Cela se pense à la conception, quand on choisit de quel côté le bloc de vannes regarde.
Le bac de l'appareil : la pièce dont personne ne parle
Sur la photo, une pièce de plastique blanc attend, non installée, à côté de l'appareil. Nous ne pouvons pas affirmer avec certitude ce qu'elle est — un bac, un élément de drainage, un accessoire de base — et nous préférons le dire que de le deviner. Mais elle donne l'occasion de traiter une pièce que nous n'avons encore jamais abordée en cinquante articles : le bac de l'unité extérieure.
Ce que c'est, et pourquoi il existe
Le bac est le plancher du cabinet. Le serpentin s'y appuie, et tout ce qui tombe dans l'appareil y aboutit : la pluie, la neige fondue, et surtout l'eau de dégivrage, qui en hiver est produite plusieurs fois par jour au pied même du serpentin.
Un bac n'est pas un réservoir. C'est un plancher percé, et sa seule fonction est de laisser partir l'eau plus vite qu'elle n'arrive.
Pourquoi cela compte davantage au Québec qu'ailleurs
Parce qu'ici, l'eau qui ne part pas gèle.
Un bac qui retient produit une accumulation qui monte, et ce qui se trouve juste au-dessus du bac est ce qui coûte le plus cher : le bas du serpentin et l'arc inférieur de l'hélice. La glace n'appuie pas seulement — elle se reforme chaque nuit, un peu plus haut. Et rien de tout cela ne déclenche de code d'erreur : l'appareil fonctionne, mal, jusqu'à ce qu'il ne fonctionne plus.
C'est aussi, très concrètement, là où la corrosion commence : le bas de la carrosserie et le bac, où l'eau et le sel de voirie s'attardent — mécanisme publié à Pierrefonds-Roxboro.
Les bouchons de drainage, et la question qu'il faut poser
Beaucoup d'unités extérieures sortent d'usine avec des ouvertures de drainage obturées par des bouchons ou des pastilles amovibles dans le fond du bac. On peut y visser un coude et canaliser l'eau ; on peut aussi les retirer toutes pour que le bac ne puisse jamais rien retenir.
Ce choix est banal dans un climat doux. Dans un hiver québécois, c'est une décision de conception, et elle se pose à l'installation, pas au premier appel de service. Nous ne publierons pas de règle unique — elle dépend du modèle, du manuel et de l'emplacement — mais nous publions la question : le bac de cet appareil, à cet endroit, peut-il se vider entièrement et par gravité, en février ?
Sur un toit en pente, la réponse se complique d'une façon que nous n'avons jamais eu à écrire ailleurs : le bac se vide sur des bardeaux qui descendent. Le chemin de l'eau de l'appareil et le chemin de l'eau du toit deviennent le même chemin, et l'eau de dégivrage rejoint le versant en plein hiver, en amont d'un débord de toit. Où cette eau se retrouve — et sous quelle forme — n'est pas une question qu'on règle après coup.
Le chauffe-bac : une absence vérifiée, pas une opinion
Une question revient : cet appareil a-t-il un chauffe-bac, cette résistance qui empêche l'eau de figer dans le fond ?
Réponse honnête : la fiche technique X610068B du fabricant n'en dit rien. Elle ne mentionne aucun accessoire de ce type pour cette gamme. C'est une absence constatée dans la documentation publiée, ce n'est pas une affirmation que l'appareil n'en possède pas ni ne peut en recevoir un. La question se pose au fabricant et se consigne par écrit — et un entrepreneur qui répond de mémoire, dans un sens ou dans l'autre, répond trop vite.
La différence avec notre page de Beloeil
De l'autre côté de la rivière, notre page de Beloeil répondait à une question d'occupants : qui est dans la pièce, et qui peut parler pour eux. Celle-ci répond à une question de surface : sur quoi l'appareil est posé, et ce que cette surface fait de l'eau et de la neige. Là-bas, le bâtiment disparaissait derrière les gens. Ici, il n'y a personne — seulement un versant, et tout ce qui descend.
Chez AirGreen, nous installons, entretenons et documentons des systèmes CVAC à Mont-Saint-Hilaire, à Beloeil, à Otterburn Park, à McMasterville, à Saint-Basile-le-Grand et partout dans La Vallée-du-Richelieu, comme à Montréal, à Laval, à Longueuil, sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud. Si votre projet implique une pose en toiture, dites-le à la première visite — et dites-le aussi à votre couvreur.
